Politique

RDC : l’opposant Ewanga traduit devant la Cour suprême pour « être allé un peu loin » ?

Poursuivi pour « outrage au chef de l’État et incitation à la haine », au lendemain d’un meeting organisé contre le projet de révision constitutionnelle en RDC, l’opposant Jean-Bertrand Ewanga a été traduit mardi devant la Cour suprême de justice en procédure de flagrance.

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Mis à jour le 6 août 2014 à 10:52

Jean-Bertrand Ewanga, secrétaire général de l’UNC. © AFP

C’est une procédure de flagrance qui a été déclenchée, le 5 août, contre le député d’opposition Jean-Bertrand Ewanga, secrétaire général de l’Union pour la nation congolaise (UNC), au lendemain d’un rassemblement organisé à Kinshasa contre le projet de révision constitutionnelle en RDC.

Interpellé tôt le matin à son domicile, ce proche de Vital Kamerhe a été traduit dans la journée devant la Cour suprême de justice. Selon Berger Tsasa, un de ses avocats, le député est accusé d’"outrage au chef de l’État et incitation à la haine tribale".

Manœuvre pour "affaiblir l’opposition" ?

Mais pour Jean-Baudouin Mayo, membre de l’UNC, ce n’est qu’une manœuvre pour "chercher à affaiblir l’opposition, affaiblir l’UNC et son président" Vital Kamerhe, ancien proche collaborateur du président Joseph Kabila devenu l’une des principales figures de l’opposition.

Pour sa part, Aubin Minaku, président de l’Assemblée nationale, a expliqué que, selon la "Constitution et le règlement intérieur de l’Assemblée, en cas d’infraction flagrante, même un député peut immédiatement être arrêté et poursuivi devant les juridictions" congolaises.

Mardi matin, le ministre de l’Intérieur, Richard Muyej, a déclaré à des journalistes que "tous les discours [du rassemblement] ont été analysés" et que celui du député Ewanga avait une "dose particulière" d’hostilité. Selon lui, il a "abusé de sa liberté d’expression" et "est allé un peu loin". Selon les sources judiciaires, le député aurait affirmé notamment que le président Joseph Kabila est un ressortisssant rwandais.

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Dans l’après-midi, un groupe d’opposants a exigé la libération "sans conditions" du député "dans les 24 heures", faute de quoi, les signataires et leurs militants "se constitueront prisonniers".

En attendant le verdict, le député reste en détention préventive à la prison centrale de Makala à Kinshasa. "Alors que la Cour avait décidé de commuer la détention préventive en résidence surveillée", s’est indigné mardi soir Juvénal Munubo, un autre élu de l’UNC.

(Avec AFP)