Politique

Soudan : les élections présidentielle, législatives et locales se tiendront en avril 2015

Le président soudanais Omar el-Béchir le 27 juin 2014. © AFP

Les élections générales se tiendront le 2 avril 2015 au Soudan. Malgré les réserves de l'opposition, la commission chargée de l'organisation du scrutin a confirmé la date mercredi.

L’opposition considère que ce vote lui est imposé mais qu’importe : le Soudan tiendra le 2 avril 2015 des élections générales a confirmé mercredi 6 août la commission chargée de l’organisation du scrutin. Il n’est pas encore clair si le président Omar el-Béchir, au pouvoir depuis 1989 et sous le coup d’un mandat d’arrêt international pour crimes de guerre présumés au Darfour (Ouest), briguera un nouveau mandat.

"Nous annonçons les dates pour les élections de 2015 car il s’agit d’un engagement constitutionnel", a expliqué devant la presse Moukhtar Al-Assam, chef de la Commission électorale nationale. "Nous voulons avoir des élections transparentes et équitables", a-t-il ajouté, affirmant que les observateurs locaux ou étrangers seraient les bienvenus. L’annonce des candidatures se fera à partir du 31 décembre et sera suivie par une campagne qui s’étendra du 13 février au 30 mars.

>> Lire aussi : "Qui est responsable de la mort d’une dizaine de civils dans le nord du Darfour ?"

Les élections présidentielle, législatives, locales seront les deuxièmes depuis qu’il a pris le pouvoir par le biais d’un coup d’État. L’opposition avait boycotté les élections de 2010 qui, selon les observateurs, n’avaient pas répondu aux normes internationales.

"De telles élections ne feront rien d’autre que compliquer la situation"

En début de semaine, un important parti de l’opposition, "Réforme maintenant", ainsi que plusieurs petites formations politiques avaient affirmé qu’ils n’étaient pas engagés par cette élection. Ils réclament en effet que le scrutin fasse l’objet d’un accord dans le cadre du "dialogue national", lancé par le président Béchir en janvier pour tenter de régler les crises multiples qui secouent ce pays.

"Réforme maintenant" et les autres partis ont pris part aux réunions préparatoires de ce dialogue mais ils ont réclamé des discussions sur le scrutin avant de le poursuivre. Ils réclament également une "administration transitoire" pour la mise en œuvre, pendant une période de deux ans, des résultats du dialogue.

Le président Béchir avait appelé à un "dialogue national" pour répondre à la volonté de changement exprimée notamment lors d’un important mouvement de contestation en septembre. Des arrestations d’opposants et la censure de la presse ont cependant soulevé des questions quant à la volonté du gouvernement d’engager de véritables réformes.

Le journal anglophone Citizen a estimé dans un éditorial que le Parti du congrès national (NCP, au pouvoir) "n’a apparemment pas tiré les leçons du passé" et organise, une fois de plus, des élections "unilatérales". Avec le gouvernement qui se bat contre des rebelles dans les États du Kordofan-Sud et du Nil bleu, d’autres violences dans le Darfour et une économie en berne, le contexte est complètement différent par rapport à 2010, indique le journal. "De telles élections ne feront rien d’autre que compliquer la situation", ajoute-t-il.

(Avec AFP)

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