Politique

RDC : polémique sur le lieu de détention du député d’opposition Jean-Bertrand Ewanga

| Par Jeune Afrique
Le député d'opposition Jean-Bertrand Ewanga.

Le député d'opposition Jean-Bertrand Ewanga. © AFP

Accusé d’offense au président congolais Joseph Kabila, le député d’opposition Jean-Bertrand Ewanga serait en « prison » et non en « résidence surveillée », comme l’avait ordonné la Cour suprême de justice à Kinshasa, selon ses proches. Le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende, dément.

Jean-Bertrand Ewanga est-il en prison ou en résidence surveillée. C’est la question qui agite Kinshasa depuis l’arrestation, mardi 5 août, du député d’opposition, accusé d’"outrage au chef de l’État et d’incitation à la haine tribale". Le secrétaire général de l’Union pour la nation congolaise (UNC) avait été interpellé suite à une manifestation de l’opposition ayant réuni des milliers de personnes dans la capitale congolaise lundi 4 août pour protester contre toute modification de la Constitution. Le député Jean-Bertrand Ewanga, l’un des principaux meneurs du meeting, y avait exhorté le chef de l’État à "partir" en 2016, à la fin de son deuxième mandat. "Nous disons ‘non’ à la modification de la Constitution", avait-il répété.

>> Lire aussi : Freddy Kita : "Kabila n’a plus d’autre option, il doit partir en 2016 !"

Mardi, à l’aube, des agents, dont des policiers, se sont alors "introduits" chez le parlementaire "munis d’un mandat d’amener délivré par le procureur au motif d’incitation à la haine" pour l’arrêter, a indiqué l’UNC, citant des membres de sa famille. Dans l’après-midi, un groupe d’opposants a exigé la libération "sans conditions" du député "dans les 24 heures", faute de quoi ils "se constitueront prisonniers". Mais dans la soirée, la Cour suprême a ordonné "l’assignation en résidence surveillée" de l’accusé.

"Que fait-il en prison ? "

Or, cette décision n’a semble-t-il pas été respectée. "Il a passé la nuit à la prison de Makala en violation de l’ordonnance de la Cour suprême", a déclaré l’avocat et député Jean-Baudouin Mayo, accusant le parquet général d’être à l’origine de ce placement "arbitraire" dans un établissement pénitentiaire. "Il n’est pas encore condamné : qu’est-ce qu’il fait en prison ? Est-ce que Makala est une résidence surveillée ? Franchement, nous sommes inquiets", s’est interrogée une fille du député, sous le couvert de l’anonymat.

Du côté de la majorité présidentielle, l’accusation est démentie : les procédures auraient bien été respectées. " Jean-Bertrand Ewanga se trouve bien en résidence surveillée, c’est ce que l’on fait avec les personnes de son rang", assure Lambert Mende, porte-parole du gouvernement.  Puis, pour justifier l’arrestation du député, il accuse l’opposition de verser dans l’injure : "Nous ne pouvons plus accepter qu’en République démocratique du Congo, on vienne faire la promotion de la haine entre les ethnies, en attribuant au président [Joseph Kabila] une ethnie qui n’est pas la sienne et en appelant les gens à chasser tous les gens de cette ethnie. C’est quelque chose qu’aucun responsable congolais, même s’il est dans l’opposition, ne devrait encourager", a-t-il affirmé.

Ces accusations sont formellement réfutées par l’avocat du député, Me Godé Bononga." On lui reproche d’avoir dit que Kabila est un voleur, ce que notre client nie catégoriquement et aussi d’avoir dit que Kabila est un Rwandais, ce que notre client ni également".

(Avec AFP)

 

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