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Économie

À Dakar, les affaires gagnent du terrain

Le centre-ville de Dakar accueille nombre d'institutions et de grandes entreprises. Mais il n'est pas le seul.

Le centre-ville de Dakar accueille nombre d'institutions et de grandes entreprises. Mais il n'est pas le seul. © Mostroneddo/Flickr

Longtemps concentrés au Plateau, les opérateurs économiques investissent d’autres quartiers. Où les deals se concluent parfois autour de petits plats, et pas forcément les plus chers.

« Les touristes se sont repliés sur la Petite Côte [dans le sud de la ville] et, désormais, 85 % de notre clientèle est une clientèle d’affaires », résume Pierre Mbow, directeur de l’exploitation du King Fahd Palace (route des Almadies), qui avait dirigé le Savana, puis le Terrou-Bi. Selon lui, entre la délocalisation du rallye Paris-Dakar en 2009, l’instauration de la réciprocité des visas en 2013 et le niveau très élevé des taxes aéroportuaires au Sénégal, le tourisme de loisirs se retrouve sinistré.

Ce sont donc les hommes d’affaires qui ont pris d’assaut les grands hôtels de la capitale. Longtemps concentrée au Plateau, dans le centre-ville, qui comprenait la quasi-totalité des institutions et sièges des grandes entreprises, cette clientèle « business » s’est trouvé de nouveaux lieux de prédilection.

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Et, dans le même temps, nombre d’opérateurs économiques, comme Total, Ericsson ou British American Tobacco, se sont déplacés vers les Almadies (au nord-ouest), et dans les quartiers situés de part et d’autre de la Voie de dégagement nord (VDN), qui traverse la capitale, de l’avenue Cheick-Anta-Diop, à Fann, jusqu’à la route de l’aéroport, à Yoff. C’est le cas d’Orange, qui va bientôt quitter le Plateau pour la Cité Keur Gorgui (Sacré-Coeur), à proximité de la VDN.

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L’élite sénégalaise aux quatres coins de la capitale

Désormais, des rendez-vous sont organisés aux quatre coins de la capitale, dans les administrations, les entreprises et, parfois, dans des lieux inattendus, comme le Nandos (au Point-E), une pizzeria au look de snack. « J’y ai participé à des négociations portant sur plusieurs centaines de millions de F CFA », raconte Cheikh Fall, coach pour chefs d’entreprise et intermédiaire à l’occasion.

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Malgré le goût assumé des élites sénégalaises pour le clinquant, les deals au plus haut niveau ne se font pas nécessairement dans les restaurants huppés des Almadies ou du Plateau, comme L’Alkimia ou Le Lagon. Certains se concluent simplement à la pâtisserie Médina ou dans de petits maquis ivoiriens, comme Chez Sarah, au coeur du quartier populaire de Fass, où le poisson braisé attiéké coûte 2 000 F CFA (3 euros). « Je vois passer beaucoup d’hommes d’affaires, de directeurs généraux ou de patrons de médias », confirme Yves Sauvalles, un métis franco-camerounais à la carrure de rugbyman.

En 2006, il a ouvert son pub-restaurant, L’Endroit. Situé dans une contre-allée de la VDN, le lieu, discret et convivial, propose des spécialités panafricaines (du dos de thiof au mbongo tchobi, en passant par le gingembre au kedjenou) et est devenu un spot prisé pour les rendez-vous d’affaires. « Un jour, l’un de mes clients a insisté pour m’offrir une bouteille de champagne, raconte Yves Sauvalles.

Il venait de signer, dans mon restaurant, un contrat de 100 millions de F CFA avec un contact que je lui avais présenté. » Les bars et restaurants d’hôtel ne sont pas en reste, en particulier ceux des « faux jumeaux de la corniche », le Radisson Blu et le Terrou-Bi, idéalement situés face à l’océan et à mi-chemin entre le centre-ville et l’aéroport. Au Savana (au Plateau), Cheikh Fall a récemment coorganisé une rencontre « B to B », qui a réuni 180 chefs d’entreprise pour trois jours de « speed dating » entre partenaires potentiels. Quant au King Fahd Palace, pas moins de 66 salles de réunion y sont disponibles.

Ebola fait de l’ombre

Seule ombre au tableau, le retour à Dakar, en septembre, d’un étudiant guinéen contaminé par Ebola (mais guéri depuis), qui a valu au Sénégal d’être placé pendant quelques semaines sur la liste des pays à risque… Depuis, les hôteliers font grise mine. « Au King Fahd Palace, le report de chiffre d’affaires lié à Ebola s’élève à 550 millions de F CFA », déplore Pierre Mbow. Mais celui-ci veut croire que la venue dans son hôtel de 24 chefs d’État, à l’occasion du sommet de la Francophonie, convaincra les businessmen hésitants que le Sénégal n’est pas une destination dangereuse.

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