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Politique

Congo-Brazzaville : Juste Bernardin Gavet, la force est avec lui

Juste Bernardin Gavet a commencé à militer au sein du PCT en 2005 © Vincent Fournier pour J.A.

Juste Bernardin Gavet, premier secrétaire du mouvement jeunesse du parti présidentiel, veut changer la manière de faire de la politique. Et en redonner le goût aux nouvelles générations.

Il vient d’avoir 28 ans et a tout du jeune cadre dynamique : le costume, les diplômes, l’assurance… Avec une petite touche de réserve en plus, celle du juriste, et un soupçon de gravité, probablement inhérent à sa fonction. Depuis qu’il a été désigné, fin mai 2013, premier secrétaire de la Force montante congolaise (FMC), le nouveau mouvement de jeunesse du Parti congolais du travail (PCT), Juste Bernardin Gavet est en effet investi d’une délicate mission : marcher dans les pas du parti présidentiel et de son secrétaire général, Pierre Ngolo, tout en mettant en place "une approche plus concrète, pour faire de la politique autrement".

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Dans un rafraîchissant mélange de slogans et d’anecdotes témoignant d’un sincère désir de faire bouger les choses, le militant ne cesse d’expliquer comment, avec ses camarades de la FMC, il veut "mobiliser les jeunes de tous les horizons pour qu’ils s’intéressent à la politique". Et si, ce faisant, il peut les enrôler dans la Force montante, cela n’en sera que mieux.

Trouver un nouveau souffle

Juste Bernardin Gavet est convaincu qu’il peut changer la manière de faire de la politique, en commençant par la débarrasser de ses mauvaises habitudes. Rien ne l’agace plus que les préjugés qui réduisent son mouvement à un club de filles et de fils de cadres éminents du parti présidentiel. À l’instar des autres membres du bureau élu l’an dernier, Juste Bernardin Gavet répète qu’il a été choisi pour ses compétences. Rien d’autre.

Il a adhéré en 2005 à la section PCT de Mossendjo, dans le Niari, qu’il a quitté l’année suivante afin de poursuivre ses études à Brazzaville, où il a obtenu une maîtrise de droit public à l’université Marien-Ngouabi. C’est pendant la campagne présidentielle de 2009 qu’il a eu le déclic, se passionnant pour l’élection en général et le programme du PCT en particulier.

Passé le scrutin, il a renforcé son engagement auprès du parti à un moment charnière. Lors de son sixième congrès extraordinaire, en juillet 2011, le PCT annonçait sa restructuration, notamment la dissolution de l’Union de la jeunesse socialiste congolaise (UJSC) et du Comité d’action pour la défense de la démocratie-mouvement de jeunesse (CADD-MJ). Les jeunes cadres et sympathisants devaient trouver un nouveau souffle, dénicher de nouvelles compétences… Ils s’y attellent désormais au sein de la FMC.

"Notre première action est de faire entendre la voix des jeunes et d’améliorer leur représentation dans les instances de décision", explique Juste Bernardin Gavet. Les recommandations formulées lors de la session inaugurale de la FMC, mi-décembre, ont d’ailleurs été prises en compte par le bureau politique du PCT. Sur les 828 candidats que le parti présentera aux élections locales (reportées, elles devraient avoir lieu en septembre), 20 % ont moins de 30 ans. Lui-même se présentera dans la 2e circonscription de Dolisie.

Débuts en politique et carrière dans l’administration

Autre cheval de bataille, l’emploi. "Il faut lever l’opacité qui règne sur les procédures de recrutement au sein de la fonction publique pour que tous les jeunes puissent postuler", affirme-t-il. Ajoutant qu’il est urgent d’encourager l’entrepreneuriat, "car la fonction publique ne peut pas embaucher tout le monde". Sur le front social, Juste Bernardin Gavet milite pour un plus large accès à la formation, à la culture et, surtout, au logement. "Un véritable problème" sur lequel il a déjà eu quelques échanges informels avec le ministre des Affaires foncières.

Parallèlement à ses débuts en politique, le juriste poursuit sa carrière dans l’administration. En 2011, il a intégré le cabinet du ministre de l’Intérieur (en tant qu’attaché juridique), ainsi que la Commission nationale d’organisation des élections (Conel), où il a fort à faire… Les locales approchent. Et en 2016, ce sera la présidentielle.

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