Politique

Attaque au Burkina : « On a eu l’impression de revivre l’attaque du Cappuccino »

Mis à jour le 14 août 2017 à 15:28

Sur cette photo prise ce matin aux alentours de 11h GMT par un employé du quartier, on aperçoit les forces de l’ordre devant le restaurant Aziz Istanbul. © DR

Un témoin de l’attaque terroriste qui a frappé Ouagadougou raconte la nuit d’horreur qu’a vécu la capitale burkinabè dans la nuit du dimanche 13 au lundi 14 août. En plein cœur de la ville, un café-restaurant a été pris pour cible. Au moins 18 personnes ont été tuées, 20 ont été blessées.

« J’étais à moins de 100 mètres des lieux de l’attaque lorsque j’ai entendu les premiers coups de feu. Partout sur l’avenue Kwame Nkrumah, les gens se sont mis à courir, à crier, c’était la panique totale. C’était comme dans un cauchemar, on a eu l’impression de revivre l’attaque du Cappuccino. Cela s’est passé presque au même endroit.

Hier soir, il y avait beaucoup de monde sur l’avenue, les terrasses − dont celle du café-restaurant Aziz Istanbul −, étaient pleines. Les assaillants sont venus à motos et ils se sont mis à tirer sur les clients assis à l’extérieur. Ensuite, ils sont montés dans les étages de l’immeuble, où il y a des bureaux et des habitations. Moi, je suis allé me réfugier dans un immeuble juste à côté.

Pendant plusieurs heures, on a entendu des tirs. Ça mitraillait puis ça cessait

Pendant plusieurs heures, on a entendu des tirs. Ça mitraillait puis ça cessait. Vers 04h30 du matin, les forces de l’ordre ont annoncé qu’ils avaient tué les deux assaillants, et les coups de feu ont cessé.

Depuis, ils ont bouclé le quartier. Les murs sont criblés de balles. Beaucoup de curieux sont venus à proximité pour tenter de savoir ce qui s’était passé mais il y a eu une grosse pluie ce matin à Ouagadougou, alors presque tous sont repartis. Il ne reste que les enquêteurs et des forces de l’ordre, qui sont en train d’évacuer les corps du café-restaurant.

L’avenue Kwame Nkrumah se relevait à peine de l’attaque de janvier 2016

On est vraiment désolés et tristes. L’avenue Kwame Nkrumah se relevait à peine de l’attaque de janvier 2016. Enfin, elle commençait à revivre, il y avait à nouveau du monde, la réouverture du Cappuccino nous avait fait du bien. La sécurité avait été renforcée. Devant chaque café, il y avait des agents de sécurité. À l’Aziz Istanbul, ils fouillaient même les sacs. Mais comment peut-on éviter une attaque comme celle de la nuit dernière ? C’est impossible. »