Société

Islam : #ISpeakOutBecause, l’opération « Indignez-vous » des musulmans américains sur Twitter

L'affiche de la campagne #ISpeakOutBecause lancée le 6 août 2014 par le MPAC. © Muslim Public Affairs Council (MPAC)

L’influente association américaine Muslim Public Affairs Council (le Conseil musulman des affaires publiques) a lancé une grande campagne sur les réseaux sociaux, le 6 août dernier, pour appeler la population à "parler franchement" contre les extrémismes, le sectarisme et l’oppression. Mais sur Twitter, le hashtag #ISpeakOutBecause a été rapidement détourné de son objectif premier par des esprits malveillants.

Le 6 août, l’association américaine Muslim Public Affairs Council (MPAC, le Conseil musulman des affaires publiques) a appelé les internautes à condamner sur les réseaux sociaux l’oppression des musulmans dans plusieurs parties du monde, notamment à travers le haghtag #ISpeakOutBecause ("#JePrendsLaParoleCar").

"Il est grand temps pour l’humanité tout entière que nous, musulmans, nous dénoncions les injustices dont nous sommes les témoins et les malheureuses victimes en Palestine, en Syrie, en Irak, au Myanmar [Birmanie], au Nigeria, en Chine et dans le monde entier ! Nous devons surmonter toutes les menaces et les intimidations pour dire haut et fort la vérité au pouvoir. Utilisez Twitter, Facebook et Instagram pour faire triompher la vérité !", a demandé l’organisation sur sa page Facebook.

Mis à part l’effet de mode des premiers jours, le mouvement #ISpeakOutBecause n’a pas été suivi d’un raz-de-marée de tweets, mais il a eu un beau petit succès d’estime : le 9 août, le hashtag a été tweeté plus de 2 600 fois et environ 2 200 fois le 13 août. Puis, c’est la décrue à partir du 15 : la vague impulsée par le MPAC stagne entre 600 et 900 tweets par jours. Toutefois, sur une dizaine de jours, la campagne du MPAC a fait gazouiller l’oiseau bleu de Twitter 14 800 fois et celui-ci ne serait pas à l’abri d’une nouvelle envolée, si l’actualité s’y prêtait.

"#ISpeakOutBecause est de loin notre campagne hashtag la plus réussie. Nous en avions lancé d’autres par le passé mais aucune d’entre elles n’avait suscité autant de réactions ni autant de résistance face au ‘islam bashing’", explique Chérif Abou El Fadl, l’un des responsables du MPAC, à Jeune Afrique.

Sujet brûlant jusqu’à la trêve du 11 août, le massacre de plus de 2 000 Palestiniens, dont 541 enfants et 250 femmes, dans la bande de Gaza à cause de l’opération "Bordure protectrice" de l’armée israélienne a suscité le plus grand nombre de réactions. Le MPAC s’est notamment indigné des propos de l’actrice américaine octogénaire Joan Rivers :

"@Joan Rivers devrait être virée après avoir déclaré que les Palestiniens ‘méritaient de mourir’".

Mais les internautes musulmans ne se soucient pas seulement du sort de leurs coreligionnaires. Pour éviter tout amalgame, certains condamnent fermement le massacre des chrétiens d’Irak par l’État islamique, qui, rappellent-ils, n’est pas synonyme d’islam.

"Penser que l’État islamique représente l’islam, c’est comme penser que le KKK [Ku Klux Klan] représente le chrétienté", compare l’internaute.

" L"État islamique ne représente PAS l’islam et les musulmans ne veulent PAS persécuter les chrétiens ou les juifs.

"Je suis une Américaine musulmane et je respecte toutes les croyances. Les membres de l’État islamique ne sont pas des musulmans, ce sont des monstres", s’indigne encore l’internaute.

Gaza et Ferguson

Le MPAC lui non plus ne se concentre pas sur les injustices envers les musulmans. Sur sa page Facebook, il met en parallèle deux événements qui font l’actualité, la situation à Gaza et celle à Ferguson. Pour l’organisation, Palestiniens et Américains noirs réclament plus de justice mais "leurs cris ne sont pas entendus". 

 

"Combien d’adolescents noirs non-armés doivent-ils être tués avant que l’on réagisse !", déplore le MPAC, sur Twitter cette fois.

Un hashtag détourné

Mais le succès du hashtag #ISpeakOutBecause a rapidement attiré des "trolls", ces internautes à l’esprit… plutôt pervers. Leur objectif, ici : dénigrer l’islam, la comparer à une religion de haine, ou accuser les musulmans d’esclavagisme… Le mouvement pourra cependant se consoler en s’imaginant avoir eu un écho positif aussi important qu’inattendu, le 19 août, quand le grand mufti d’Arabie saoudite en personne Abdel Aziz Al-Cheick a qualifié publiquement l’État islamique et Al-Qaïda d’"ennemis n°1 de l’islam"

Newsletter :
déjà 250 000 inscrits !

Recevez chaque jour par email,
les actus Jeune Afrique à ne pas manquer !

Votre magazine JEUNE AFRIQUE

consultable sur smartphone, PC et tablette

Couverture

Profitez de tous nos contenus exclusifs en illimité !

Abonnez-vous à partir de 7,99€

Déjà abonné(e) ? Accédez au kiosque

Abonnez-vous à la version papier

Fermer

Je me connecte