Société

Ferguson : la vidéo accablante du meurtre d’un jeune noir de 25 ans par la police

La police de Saint-Louis a rendu publique une vidéo du meurtre d’un jeune noir par deux policiers, mardi dernier. Armé d’un couteau, celui-ci a été abattu d’une dizaine de balles. Un drame qui pose une nouvelle fois la question raciale aux États-Unis, près de deux semaines après une affaire similaire : celle de Michael Brown.

Mis à jour le 22 août 2014 à 11:05

Attention images choquantes. Alors que le calme semblait revenir à Ferguson (banlieue de Saint-Louis) après les émeutes consécutives au meurtre de Michael Brown – un adolescent noir désarmé soupçonné d’avoir volé une boîte de cigares et tué par un policier blanc de 28 ans, le 9 août, la police de Saint-Louis a rendu publique, mercredi 20 août, la vidéo d’un autre drame qui pourrait remettre le feu aux poudres. "La transparence et l’ouverture construisent la confiance du public dans leur service de police", annoncent sur Twitter les autorités, estimant que la vidéo de la scène est "à leur décharge".

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En réalité, du point de vue du bon sens, les images ne prouvent qu’une chose : face à un homme noir agité, suspecté d’avoir volé des beignets et des boissons dans une épicerie de quartier et armé d’un couteau, les policiers blancs ont la gâchette extrêmement facile. Âgés respectivement de 25 et 31 ans, ayant seulement trois et deux ans et demi d’expérience sous l’uniforme, ils vident chacun leur chargeur – soit pas moins de douze balles – sur Kajieme Powell, un jeune homme noir de 25 ans vivant chez sa grand-mère.

Vers 12h20, mardi dernier, celui-ci sort de sa poche un couteau de cuisine et crie aux policiers qui l’abordent : "Tirez ! Tuez moi maintenant !". Ils ne se font pas prier.

Le lendemain de la diffusion de cette vidéo, le gouverneur du Missouri (centre des États-Unis) a ordonné, jeudi, le départ de la Garde nationale de la petite ville de Ferguson. La question de la militarisation des forces de l’ordre aux États-Unis s’est greffée à celle des problèmes de discrimination, de paupérisation et de criminalisation de la minorité noire aux États-Unis. Un problème sur lequel Barack Obama s’est montré jusqu’à présent très réservé et prudent.