Santé

Ebola : le Sénégal ferme sa frontière avec la Guinée, 13 décès suspects en RDC

Une affiche de prévention concernant le virus Ebola, le 19 août 2014 à Monrovia.

Une affiche de prévention concernant le virus Ebola, le 19 août 2014 à Monrovia. © AFP

Alors que commence la tournée du coordinateur de l’ONU contre le virus Ebola dans les pays les plus touchés par l’épidémie, le Sénégal a décidé jeudi de fermer ses frontières terrestres avec la Guinée. En RDC, des tests sont en cours pour déterminer l’origine de la mort de treize personnes, décédées d’une fièvre hémorragique « d’origine indéterminée ».

Le coordinateur de l’ONU contre le virus Ebola a entamé, jeudi 21 août, une tournée dans les quatre pays d’Afrique de l’ouest dépassés par l’ampleur de l’épidémie mortelle. À Monrovia, la première étape, le Docteur Nabarro a déclaré être "déterminé" à "s’assurer que chaque élément de [leur] appareil est à son niveau optimal afin de pouvoir affronter une flambée si nécessaire."

L’émissaire de l’ONU est resté prudent quant à l’évolution de l’épidémie. "Soit nous sommes proches d’un palier, mais ensuite elle retombera, soit nous sommes dans une phase, à un point d’inflexion, où elle va augmenter, mais je ne peux absolument pas me prononcer", a averti l’épidémiologiste britannique. Après Monrovia, il se rendra à Freetown, Conakry et Abuja, prévoyant de séjourner deux jours dans chaque pays.

Dans un nouveau témoignage de scepticisme face aux chances d’endiguer la maladie, le Sénégal a fermé jeudi ses frontières terrestres avec la Guinée. Le ministère sénégalais de l’Intérieur a indiqué que cette mesure s’étendait aux frontières aériennes et maritimes pour les aéronefs et navires en provenance de la République de Guinée, du Sierra Leone et du Liberia. Dans la journée, l’Afrique du Sud avait elle aussi annoncé la fermeture de ses frontières aux voyageurs en provenance de Guinée, du Liberia et du Sierra Leone, et une surveillance médicale pour ses citoyens qui en reviendraient.

Au Liberia, la coordination de la lutte confiée à l’international

Au Liberia, où le couvre-feu est en vigueur depuis mercredi soir et deux quartiers à la périphérie de Monrovia ont été mis en quarantaine, la Croix-Rouge a jugé nécessaire, "face à une calamité de cette ampleur", de confier la coordination de la lutte à une organisation internationale, plutôt qu’aux autorités nationales. Le secrétaire général de la Croix-Rouge libérienne, Fayah Tamba, a souligné la faible capacité de l’unique crématorium du pays, appartenant à la communauté indienne suivant les rites funéraires hindouistes, qui est largement dépassée par les dizaines de corps collectés quotidiennement, dont bon nombre plusieurs jours après la mort.

"Samedi, nous avons pu collecter jusqu’à 41 corps. Dimanche, nous en avons collecté 37. Le crématorium n’avait pas la capacité d’incinérer tous les corps, donc nous avons dû en ramener" à l’hôpital, a-t-il expliqué, précisant qu’il avait fallu revenir les incinérer le lendemain avant de poursuivre la collecte.

Un soupçon d’espoir est néanmoins apparu avec "l’amélioration significative", selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), de l’état d’un médecin et d’une infirmière, deux des trois praticiens libériens soignés avec un sérum expérimental américain, le ZMapp. Le troisième, un autre médecin, va mieux, mais reste dans un état grave. Aux États-Unis, les deux premières personnes à avoir bénéficié du ZMapp, un médecin et une missionnaire de l’organisation caritative américaine Samaritan’s Purse, sont sortis guéris de l’hôpital, où ils avaient été admis après leur rapatriement sanitaire.

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"Les systèmes de santé des principaux pays touchés étaient faibles avant le déclenchement [de l’épidémie]. Maintenant ils sont submergés", a déclaré de son côté la représentante spéciale du secrétaire général de l’ONU pour le Libéria, Karin Landgren, notant que du matériel fait toujours défaut, comme du chlore et des équipements de protection.

13 morts suspectes en RDC

En Sierra Leone voisin, où comme au Liberia "la transmission reste élevée", selon l’OMS, ont retenti dès les premières heures les appels des muezzins des mosquées et les cloches des églises pour une journée de prière et de jeûne contre Ebola. "Chrétiens comme musulmans implorent la miséricorde divine et son pardon pour tous les péchés", a déclaré la révérende Christiana Sutton-Koroma, voyant "un bon signe" dans le nombre croissant de survivants. Le ministre des Affaires sociales, Mouijeh Kaikai, a par ailleurs confirmé la décision des autorités saoudiennes de n’accorder aucun visa aux 1 000 pèlerins sierra-léonais inscrits pour le hajj à la Mecque en raison de l’épidémie.

En Guinée, où la maladie s’est déclarée au début de l’année, une centaine de médecins (civils et militaires) et de volontaires se sont déployés sur 41 postes d’entrée et de contrôle aux frontières avec le Liberia et le Sierra Leone, en vertu de l’état d’urgence sanitaire décrété le 13 août. "II faut que toute personne, guinéenne ou étrangère, vivant en dehors de nos frontières et désirant rentrer dans notre pays soit examinée avec la plus grande rigueur", a affirmé le ministre de la Santé, Rémy Lamah.

Par ailleurs, le ministre congolais de la Santé, le Dr Félix Kabange Numbi, a annoncé jeudi soir que treize personnes sont mortes d’une fièvre hémorragique "d’origine indéterminée" depuis le 11 août dans le nord-ouest de la République démocratique du Congo. Quelque 80 autres personnes qui ont été en contact avec les malades décédés sont également suivies à leur domicile. Des prélèvements ont été effectués et doivent être traités à l’Institut national de recherche biomédicale (INRB) ainsi qu’au laboratoire de Franceville, au Gabon, pour déterminer l’origine exacte de la maladie. "Nous devrions avoir les résultats dans sept jours", a indiqué le ministre. Le virus Ebola a été découvert pour la première fois en 1976, dans la province congolaise de l’Equateur (nord-ouest). Depuis, la République démocratique du Congo (RDC) a connu plusieurs épidémies meurtrières. La dernière a fait officiellement 36 morts d’août à novembre 2012 dans le Nord-Est.

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(Avec AFP)

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