Société

Niger : le ministre de l’Agriculture incarcéré dans une affaire de trafic de bébés

Le ministre nigérien de l’Agriculture, Abdou Labo, a été placé sous mandat de dépôt samedi après avoir été entendu par un juge dans l’affaire dite des « bébés importés du Nigeria ». La justice nigérienne lui demande, ainsi qu’à son épouse, de justifier le bébé en leur possession.

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Mis à jour le 25 août 2014 à 13:50

Le ministre nigérien de l’Agriculture, Abdou Labo. © AFP

Le ministre nigérien de l’Agriculture, Abdou Labo, a été écroué, samedi 23 août, dans une affaire de trafic présumé de nouveaux-nés venant du Nigeria voisin, pour lequel l’une de ses épouses est poursuivie. Un proche du ministre a révélé que le ministre d’État avait été emprisonné à la prison de Say, au sud de la capitale Niamey, après avoir été entendu par un juge qui l’a placé sous mandat de dépôt.

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Selon plusieurs télévisions privées, qui ont montré le véhicule d’Abdou Labo escorté par un véhicule de la gendarmerie à la sortie du palais de justice de Niamey, celui-ci est poursuivi pour "complicité" des actes commis par son épouse, incarcérée en juin. La justice nigérienne leur demande de justifier le bébé en leur possession.

Abdou Labo est resté au gouvernement depuis la découverte de l’affaire, malgré les requêtes de la société civile qui demandaient l’audition de toutes les personnes qui devaient justifier leurs bébés. "Je ne suis pas le genre à démissionner, messieurs les journalistes, s’est expliqué Abdou Labo sur RFI. Après tout ce qui a été dit et écrit, vous me voyez, je suis très en forme. Dieu merci, je dors tranquillement."

17 personnes écrouées

Abdou Labo, qui a été également ministre de l’Intérieur de 2011 à 2013, est le vice-président de la Convention démocratique et sociale (CDS), un parti d’opposition dirigé par l’ex-chef de l’État Mahamane Ousmane (1993-1996).

Quelque 17 personnes, dont 12 femmes, ont été écrouées fin juin au Niger dans une affaire de trafic international de bébés entre le Nigeria – où ces derniers ont été conçus -, le Bénin et le Niger. Parmi les femmes incarcérées figure l’une des épouses du président de l’Assemblée nationale Hama Amadou, le principal opposant au président Mahamadou Issoufou. Ce dernier est le seul à ne pas encore avoir été entendu.

Les 12 femmes ont été inculpées de "supposition d’enfant" (un délit qui consiste à attribuer la maternité d’un enfant à une femme qui ne l’a pas mis au monde), "faux et usage de faux" et "déclaration mensongère".

(Avec AFP)