Environnement

Braconnage en Afrique : Bring back our elephants !

| Par Jeune Afrique
Trente-trois défenses interceptées par Kenya Wildlife Service.

Trente-trois défenses interceptées par Kenya Wildlife Service. © SIMON MAINA / AFP

Malgré les arrestations, le braconnage menace l’espèce. En Asie et au Moyen-Orient, l’ivoire vaut de l’or. Du Darfour au Congo, il finance les groupes armés.

Imaginatifs, mais démasqués. Le 20 août, la douane vietnamienne a saisi dans un container provenant du Nigeria plus d’une tonne de défenses d’éléphants coupées en morceaux, cachées sous des paquets de cacahuètes. La douane française avait, elle, saisi six défenses dans un colis voyageant entre le Mozambique et le Laos le 12 août. Elles étaient peintes et dissimulées dans les pieds de deux tabourets en bois sculpté.

De la demande au Moyen-Orient et en Asie

En Afrique de l’Ouest aussi, saisies, arrestations et condamnations se multiplient. Le 14 août, le Bénin a pour la première fois placé en garde à vue des trafiquants, deux Guinéens et un Ivoirien. Trois mois plus tôt, deux autres hommes avaient été condamnés à Dakar à un mois de prison ferme et à 500 000 F CFA (environ 760 euros) d’amende. En janvier, la police togolaise avait saisi quatre tonnes d’ivoire et arrêté un Vietnamien et deux Togolais.

>> À lire aussi : Braconnage des éléphants : l’Afrique a mieux lutté que l’Asie en 2013

Des résultats en partie trompeurs, car malgré l’interdiction de ce commerce en 1989, le braconnage perdure, stimulé par la demande au Moyen-Orient et en Asie. Sur ce marché, le prix du kilo d’ivoire a triplé entre 2010 et 2014, passant de 750 à plus de 2 000 dollars selon l’ONG Save the Elephants. Une étude publiée dans les Comptes rendus de l’Académie américaine des sciences (PNAS) ce 22 juillet révèle que 100 000 éléphants africains ont été tués entre 2010 et 2012.

Le continent pourrait voir disparaître ces mammifères d’ici à cent ans. Région la plus touchée, l’Afrique centrale aurait perdu 60 % de ses éléphants en dix ans. Au cours de cette même période, 11 000 pachydermes ont par exemple été tués dans le parc Minkébé, au Gabon.

>> Lire aussi notre enquête : éléphants sans défense en Afrique

Mais à qui profite réellement le crime ? "L’ivoire pourrait financer l’Armée de résistance du Seigneur (LRA), les Shebab de Somalie et les janjawid du Darfour. Des forces gouvernementales du Congo, d’Ouganda et du Soudan du Sud ont également été impliquées dans le braconnage", affirmait le Fonds international pour la protection des animaux (Ifaw) dans un rapport fin 2013.

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