Politique

Gaza – ONU : Schabas, juge et partisan ?

Le choix du Canadien William Schabas pour prendre la tête de la Commission d’enquête sur les violations du droit international à Gaza lors du dernier conflit suscite une levée de boucliers à Tel-Aviv.

Mis à jour le 28 août 2014 à 20:27

William Schabas est accusé de parti pris anti-israélien. © Jiri Buller/AP/Sipa

Le 11 août, le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a nommé le professeur canadien William Schabas à la tête de la Commission d’enquête sur les violations du droit international commises durant l’opération militaire israélienne Bordure protectrice, qui a déjà fait plus de 2 000 morts à Gaza. Comme son prédécesseur, le Sud-Africain Richard Goldstone, auteur du rapport sur l’offensive Plomb durci de 2008, il cristallise les rancoeurs d’un État hébreu qui supporte mal les critiques de la communauté internationale.

Le profil de Schabas dérange à Tel-Aviv. L’ambassadeur israélien à l’ONU, Ron Prosor, a donné le ton : "Former une commission d’enquête dirigée par Schabas, c’est comme inviter l’État islamique en Irak et au Levant à organiser la semaine de la tolérance religieuse à l’ONU." Ce spécialiste du droit international est en effet accusé de parti pris anti-israélien. En octobre 2012, lors d’une séance du tribunal Russel sur la Palestine, il avait notamment exprimé son désir de voir le Premier ministre Benyamin Netanyahou jugé par la Cour pénale internationale (CPI).

Mais à 63 ans, l’homme n’est pas un néophyte. Il a été membre de la Commission Vérité et Réconciliation sur la Sierra Leone, a enseigné dans de nombreuses universités, y compris au Rwanda, et écrit des ouvrages de référence sur la CPI et le génocide. Deux autres juristes ont été nommés pour compléter son équipe : le Sénégalais Doudou Diène, ex-rapporteur spécial de l’ONU sur les formes contemporaines de racisme, et la Libano-Britannique Amal Alamuddin, fiancée de l’acteur américain George Clooney, qui a finalement décliné l’offre.