Société

Ebola : ZMapp, remède miracle ?

Tout juste arrivé au Liberia, le cocktail d’anticorps non homologué ZMapp donne des premiers résultats encourageants.

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Mis à jour le 1 septembre 2014 à 13:57

Le ministre libérien des Affaires étrangères récupère une cargaison de ZMapp. © JOHN MOORE / GETTY IMAGES / AFP

Attendu comme le messie ou presque, le ZMapp a débarqué le 13 août au Liberia. Six jours plus tard, le ministre de l’Information, Lewis Brown, annonçait que l’état des trois médecins contaminés par Ebola (deux Libériens et un Nigérian) qui reçoivent ce cocktail d’anticorps s’améliorait "de façon remarquable".

Le 12 août, l’OMS avait donné son feu vert à l’utilisation de ces traitements expérimentaux non homologués. Plutôt un feu orange, selon Nyka Alexander, porte-parole de l’OMS au Centre de coordination régional de Conakry : "Nos experts recommandent le consentement et le suivi transparent des patients. Une autre réunion est prévue en septembre pour déterminer qui aurait accès à ces traitements s’ils étaient davantage disponibles."

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Le gouvernement canadien a annoncé un don à l’OMS de 800 à 1 000 doses de VSV-EBOV, un vaccin expérimental mis au point par l’Agence de santé publique du Canada. Quant à Mapp Biopharmaceutical, le fabricant américain du ZMapp, il a indiqué avoir envoyé gratuitement la totalité de ses doses disponibles en Afrique de l’Ouest.

Ce cocktail d’anticorps avait déjà été testé aux États-Unis sur deux humanitaires de retour du Liberia. Ces derniers sont encore en vie, mais un prêtre espagnol évacué lui aussi du Liberia, est décédé après avoir eu droit à ce "remède"…

La Sierra Leone, elle, a été privée du ZMapp. Ce qui fait polémique dans ce pays qui vient d’enterrer le Dr Modupeh Cole, 56 ans. Deux semaines auparavant, le 29 juillet, le Dr Sheik Umar Khan, 39 ans, "héros national" de la lutte contre l’épidémie, avait lui aussi succombé sans avoir pu bénéficier du traitement, ses médecins estimant qu’il était déjà trop gravement atteint.

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Aujourd’hui, les spécialistes pensent qu’il faudra plusieurs mois avant qu’un médicament ou un vaccin sûr et approuvé soit disponible… En attendant, l’OMS rappelle que les malades ont quatre chances de survivre sur dix s’ils vont dans les centres de traitement et seulement une sur dix s’ils restent à la maison. Avec le risque, en plus, de contaminer leurs proches…

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