Politique

Soudan du Sud : le Conseil de de sécurité dénonce une « attaque » contre un hélicoptère de l’ONU

L’hélicoptère affrété par l’ONU au Soudan du Sud qui s’est écrasé mardi à 10 km au sud de Bentiun, a été abattu, selon le Conseil de sécurité. Cette « attaque » a fait trois morts et un blessé grave parmi l’équipage russe de l’appareil.

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Mis à jour le 28 août 2014 à 16:07

Un hélicoptère de la Minuss, mission onusienne au Soudan du Sud. © AFP

Dans une déclaration unanime, les 15 pays membres du Conseil de sécurité exigent du gouvernement sud-soudanais une "enquête complète, transparente et rapide sur l’"attaque" contre un hélicoptère de l’ONU, mardi 26 août. La cause de la chute de l’appareil qui n’avait jusqu’à présent pas été officiellement établie, n’est attribuée pour le moment à aucun des deux camps.

Le Conseil souligne que "les responsables de l’attaque doivent rendre des comptes et que toutes les mesures nécessaires doivent être prises pour éviter de telles attaques dans l’avenir". Il demande aussi à la Mission de l’ONU sur place (Minuss) de "prendre les mesures supplémentaires nécessaires afin de garantir la sécurité de ses opérations aériennes".

La déclaration a été adoptée à la demande de la Russie, à qui le Conseil a adressé ses "sincères condoléances".

Armée et rebelles s’accusent mutuellement

L’armée gouvernementale et les forces rebelles qui s’affrontent depuis mi-décembre au Soudan du Sud se sont mutuellement accusées mercredi de l’avoir abattu. Le porte-parole de l’armée sud-soudanaise, le colonel Philip Aguer, a accusé les forces rebelles de l’ancien vice-président sud-soudanais Riek Machar "commandées par Peter Gadet" d’avoir "abattu" l’appareil, ajoutant que l’armée avait envoyé ses propres enquêteurs sur place, sans toutefois fournir de preuve.

Peter Gadet est un chef de guerre dont la milice combat au côté des forces pro-Machar et contrôle une partie de l’État d’Unité. Il fait l’objet de sanctions américaines et européennes pour des atrocités ethniques commises par ses hommes.

Un porte-parole des rebelles, Mabior Garang, a dénoncé dans un communiqué des "accusations fallacieuses", affirmant que les forces rebelles dans la région avaient "entendu une forte explosion et après des recherches découvert qu’un appareil s’était écrasé". 

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(Avec AFP)