Politique

Mali : les groupes armés du Nord veulent faire front commun face au gouvernement

Les six principaux groupes armés du Nord du Mali ont signé jeudi à Ouagadougou une déclaration commune censée mettre fin à leurs divisions. Ils entendent ainsi présenter un front uni à Alger, le 1er septembre, pour la reprise des négociations de paix avec le gouvernement malien.

Mis à jour le 29 août 2014 à 10:08

Lors des discussions précédant la signature de l’accord de Ouagadougou, en juin 2013. © AFP

Les discussions ont été longues mais ont fini par aboutir. Jeudi 28 août, après trois jours de réunion à Ouagadougou, les six principaux groupes armés du nord du Mali – Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), Haut conseil pour l’unité de l’Azawad (HCUA), Mouvement arabe de l’Azawad (MAA), la dissidence du Mouvement arabe de l’Azawad (MAA dissident), la Coalition du peuple pour l’Azawad (CPA) et la Coordination des Mouvements et fronts patriotiques de résistance (CM-FPR) – sont tombés d’accord sur une déclaration commune de revendications.

Ce texte, dont Jeune Afrique a obtenu une copie, a pour vocation d’unifier ces différents mouvements rebelles face aux autorités de Bamako avant la reprise des négociations de paix inter-maliennes, à Alger, à partir du 1er septembre. Il est signé par Alghabass Ag Intalla (leader du HCUA) et Ahmed Ould Sidi Mohamed (MAA dissident) au nom de l’ensemble des groupes se réclamant de l’Azawad (la partie Nord du Mali).

"Large ouverture d’esprit"

Le document affirme que les mouvements s’engagent à arrêter "les hostilités et toute forme de violence" et "se félicitent sincèrement de ce pas louable vers la recherche de ce qui unit toutes les composantes de l’Azawad/Nord-Mali". Il affirme que ces signataires lutteront "par tous moyens pour que l’Azawad/Nord-Mali soit enfin régi par un statut juridique conforme à ses spécificités, dans l’intérêt supérieur de toutes ses composantes". Enfin, les auteurs prennent soin de préciser que "la rencontre s’est déroulée dans une atmosphère de franchise et de large ouverture d’esprit".

Reste maintenant à savoir si cette unité affichée tiendra jusqu’à la signature d’un accord de paix définitif. Le rapprochement observé cette semaine à Ouagadougou a mis du temps à se concrétiser. Depuis un an, les groupes armés n’ont cessé de se diviser, allant jusqu’à parfois s’affronter violemment sur le terrain, comme en juillet dernier entre le MNLA et le MAA. Malgré l’annonce de cette déclaration unitaire, nul doute que certaines rivalités continueront à avoir la peau dure dans les semaines à venir. Pour l’instant, tous semblent en tout cas avoir fait le choix du rassemblement face à l’adversaire commun : le gouvernement malien.

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Benjamin Roger