Politique

Irak : la politique de la terre brûlée selon l’État islamique

| Par Jeune Afrique
Photo d’archive extraite du compte twitter jihadiste Al-Baraka news le 11 juin 2014.

Photo d'archive extraite du compte twitter jihadiste Al-Baraka news le 11 juin 2014. © AFP

Des jihadistes ont mis le feu jeudi à un champ pétrolier qu’ils contrôlaient dans le nord de l’Irak, avant de battre en retraite alors que les forces kurdes les attaquaient dans le même secteur.

Les jihadistes de l’État islamique (EI) n’ont pas quitté le Nord de l’Irak sans essayer d’en détruire les ressources naturelles. Jeudi 28 août, ils ont mis le feu à trois puits de pétrole avant de se retirer du champ d’Ain Zalah, dont ils avaient pris le contrôle au début du mois, a déclaré un responsable de la Compagnie pétrolière du Nord.

Une politique de la terre brûlée concommittante à l’offensive d’envergure lancée dans le même secteur par les peshmergas, les combattants kurdes. Les jihadistes ont alors été contraints de se retirer de plusieurs villages de la région. 

>> Lire : L’État islamique esxécute plus de 160 soldats près de Raqa

Le champ d’Ain Zalah est situé à quelque 70 km au nord-est de Mossoul, la deuxième ville d’Irak, que l’EI contrôle depuis le 10 juin. Le groupe aurait recueilli des fonds importants provenant de la vente de pétrole extrait des champs dont il s’est emparé.

Le pétrole, une des principales sources de financement de l’EI

Selon Wassim Nasr, spécialiste du Moyen Orient, "l’une des principales sources de financement de l’EI est le trafic de pétrole et de ses dérivés. Mais ce ne sont pas eux qui le vendent directement : ils utilisent de vieux réseaux, actifs entre la Syrie, la Turquie, le Kurdistan ou l’Iran", précise-t-il dans JOL Press.com. "Comme le trafic d’armes ou de drogue, les clans vendent en effet au meilleur payeur : cela peut être d’autres factions rebelles, le régime, les Turcs", etc.

De précédents échecs en Irak

Le groupe jihadiste a par ailleurs tenté à plusieurs reprises de mettre la main, en vain, sur la raffinerie de pétrole de Baiji, la plus importante d’Irak, située à 200 km au nord de Bagdad. L’offensive des jihadistes a affecté la production de pétrole dans le nord du pays, mais les importants champs pétroliers et terminaux d’exportation du Sud de l’Irak n’ont pas été touchés.

L’EI a rencontré plus de succès en Syrie. En juillet, il a pris le contrôle d’un des plus grands champs pétroliers du pays, celui d’Al-Omar à l’est du pays, après le retrait de combattants rivaux, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH). L’EI contrôle désormais la majorité de la province pétrolifère de Deir Ezzor, où se situe Al-Omar, ainsi que la plupart des champs pétroliers dans cette région, selon l’OSDH.

>> Lire aussi : "Offensive de l’EIIL en Irak : Obama n’exclut aucune option, excepté l’envoi de troupes au sol".

(Avec AFP)
 

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