Politique

Zambie : interrogations autour de l’état de santé du président Michael Sata

Le président zambien Michael Sata, âgé de 77 ans, est-il malade, voire mourant ? Officiellement, non. Pourtant, son absence prolongée de la scène politique alimente depuis deux mois les rumeurs concernant son état de santé et, en coulisses, la bataille de succession a déjà commencé.

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Mis à jour le 28 août 2014 à 18:42

Le président zambien Michael Sata © Reuters/Makson Wasamunu

La dernière apparition publique du président de la Zambie, Michael Sata, remonte au 19 juin dernier, lors de la visite de Li Yuanchao, le vice-président chinois. Depuis cette date, personne ne l’a vu ; pas même lors de la récente inauguration d’un pont portant son nom.

"On est en pilotage automatique, il n’y a rien qui bouge dans le pays et Sata est payé à ne rien faire !", a expliqué Nason Msoni, le président d’un petit parti d’opposition dénommé All People’s Congress, estimant qu’il y a une "sérieuse vacance du pouvoir" en Zambie.

Pour leur part, les autorités du pays maintiennent qu’il n’y a rien à signaler et que Michael Sata accomplit son travail de président tout à fait normalement. Elles ont, par ailleurs, récemment poursuivi des opposants et des journalistes, après que ceux-ci aient évoqué la maladie supposée du président Sata.

Lutte de pouvoir au sein du Front patriotique

"Il y a une lutte de pouvoir parce que ses proches savent qu’il n’est plus assez vaillant pour vivre encore longtemps, et ils placent leurs pions pour les élections" qui désigneront son successeur, explique le politologue Neo Simutanyi. Les rumeurs concernant l’état de santé du président avivent ainsi les rivalités au sein de son parti, le Front patriotique (PF), divisé en deux camps.

Le premier regroupe principalement les Bembas, ethnie majoritaire en Zambie, autour d’Alexander Chikwanda, l’actuel ministre des Finances, qui joue le rôle de président lorsque Micheal Sata est absent du pays. Le second groupe comprend, notamment, Guy Scott, l’actuel vice-président, et Wynter Kabimba, le ministre de la Justice et secrétaire général du parti.

Même si la prochaine élection présidentielle n’est pas prévue avant 2016, en cas de décès de Michael Sata, un scrutin devrait être organisé dans les 90 jours.

(Avec AFP)