Société

Ebola : le nombre de cas pourrait grimper à 20 000, selon l’OMS

Avec plus de 1 500 morts, le bilan de l’épidémie d’Ebola continue de progresser de « manière alarmante » en Afrique de l’Ouest.

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Mis à jour le 29 août 2014 à 09:57

Une équipe médicale contrôle les passagers au départ de Monrovia. © AFP

L’épidémie d’Ebola progresse, et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) se montre pessimiste. Alors que 3 069 cas d’Ebola ont été dénombrés, dont 1.552 décès (contre 1 427 morts au 20 août), dans quatre pays d’Afrique de l’Ouest, le nombre pourrait grimper jusqu’à 20 000. L’organisation internationale  espère néanmoins stopper la progression du virus d’ici à trois mois.

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Le Liberia est le pays le plus touché avec 694 morts, la Sierra Leone en compte 422, la Guinée, où l’épidémie a démarré au début de l’année, 430 et le Nigeria six.

Dans l’Afrique centrale voisine, en République démocratique du Congo (RDC), un foyer distinct, selon l’OMS, a réapparu. Dans la région, le virus a tué 13 personnes.

Cette épidémie, la plus grave depuis que cette fièvre hémorragique a été identifiée en 1976 en RDC, progresse de "manière accélérée" : "plus de 40% du nombre total de cas sont survenus" au cours des 21 derniers jours, et sont concentrés dans quelques localités, commente l’OMS.

"C’est une crise mondiale"

Cette épidémie, répandue dans des grandes villes dans plusieurs pays en même temps, est beaucoup plus difficile à contrôler que les précédentes, localisées dans des contrées forestières isolées, a expliqué le directeur général adjoint de l’OMS Bruce Aylward.

"Ce n’est pas une crise africaine, c’est une crise mondiale", a-t-il averti.

Un médecin est décédé au Nigeria jeudi. Une mauvaise nouvelle pour le pays le plus peuplé d’Afrique, qui ne déplorait que 5 morts et où l’épidémie semblait contenue jusqu’à présent.

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De plus, alors que tous les cas d’Ebola étaient jusqu’alors concentrés à Lagos, ce nouveau décès s’est produit à Port-Harcourt, à 400 km de là, risquant d’étendre le champ de l’épidémie.

Port-Harcourt, qui compte environ 3,5 millions d’habitants, est le centre névralgique de la production de pétrole au Nigeria. Plusieurs majors étrangères y sont installées, comme l’anglo-néerlandaise Shell, la française Total et l’américaine Chevron.
Shell et Total ont indiqué que leurs opérations se poursuivaient normalement, mais les deux compagnies surveillent de près l’évolution de l’épidémie tout en informant leurs employés.

"Il faut unir nos ressources et nos efforts"

Alors qu’aucun traitement n’a encore été validé contre Ebola, des essais de vaccins vont démarrer début septembre dans plusieurs pays (Etats-Unis, Royaume-Uni, Gambie, Mali), avec l’objectif d’aboutir d’ici la fin de l’année.

Pour tenter d’enrayer la progression de cette pandémie qualifiée par une responsable de Médecins sans Frontières d’"incontrôlable", les ministres de la Santé des pays de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest se sont retrouvés une nouvelle fois à Accra pour discuter d’une stratégie commune.

"Nous n’avons pas le choix, il faut unir nos ressources et nos efforts", a déclaré le président ghanéen John Dramani Mahama, au terme de la réunion.

Le chef d’État a dénoncé la "stigmatisation" dont sont victimes les pays touchés, évoquant notamment les compagnies aériennes qui ont suspendu leurs vols.

"Dans la panique, certaines réactions ont eu un effet négatif, en ostracisant" ces pays, ce qui n’a fait qu’"empirer la situation", a-t-il déploré.

L’OMS a quant à elle estimé "vital" que les compagnies reprennent leurs dessertes pour acheminer l’aide nécessaire.
Car tenter d’arrêter Ebola en Afrique de l’Ouest revient à "plonger au milieu d’un tsunami" et "les structures sanitaires sont submergées", a déclaré la directrice régionale du Programme alimentaire mondial Denise Brown, pour laquelle "le PAM n’a jamais eu à affronter ce genre de crise à cette échelle".

Le Fonds monétaire international s’est de son côté inquiété du "grave impact" économique et social du virus Ebola dans les trois pays d’Afrique de l’Ouest touchés de plein fouet par l’épidémie, ajoutant étudier le déblocage d’une assistance financière supplémentaire.

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medium none;">(Avec AFP)