Politique

Plateau du Golan : 43 Casques bleus détenus par un groupe armé

43 Casques bleus de l’ONU (Organisation des nations unies) chargés de surveiller le cessez-le-feu entre Israël et la Syrie sur le plateau du Golan ont été capturés jeudi par un groupe armé. Les États-Unis accusent la branche syrienne d’Al-Qaïda, le Front al-Nosra, qui a participé à une attaque contre les forces syriennes.

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Mis à jour le 29 août 2014 à 13:22

Un Casque bleu sur la frontière israélo-syrienne à Quneitra, sur le plateau du Golan. © REUTERS/Ronen Zvulun

43 Casques bleus, des Fidjiens, membres de Force de l’ONU chargée de l’observation du cessez-le-feu (UNDOF) entre la Syrie et Israël, ont été capturés jeudi 28 août, selon le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric. L’incident s’est produit près de Quneitra, dans la zone de désengagement délimitée en 1974, où patrouille depuis cette date l’UNDOF. Leur capture fait suite à de violents combats entre l’armée syrienne et des groupes armés syriens d’opposition.

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D’après les Nations unies, 81 autres soldats de maintien de la paix, des Philippins, étaient également bloqués dans deux localités de cette région du Golan que se partagent Israéliens et Syriens, sous contrôle de l’ONU depuis 1974.

Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a fermement condamné la détention des 43 Casques bleus fidjiens et a réclamé la levée des restrictions contre les 81 soldats philippins.

Le porte-parole Stéphane Dujarric a assuré que l’ONU faisait tous les efforts nécessaires pour obtenir la libération des Casques bleus détenus et rétablir la liberté de mouvement des membres de la Force dans toute sa zone d’opération.

Le Front al-Nosra montré du doigt

Dans une déclaration de condamnation, les 15 membres du Conseil de sécurité ont accusé des groupes désignés par le Conseil de sécurité comme terroristes et des membres de groupes armés non étatiques, sans être plus précis. L’ONU a demandé aux pays qui peuvent exercer une influence sur les ravisseurs d’exercer une forte pression. Comme le Conseil de sécurité, les États-Unis ont exigé la libération immédiate et sans conditions des Casques bleus.

Mais le département d’État américain a été plus loin, montrant du doigt des groupes armés non étatiques, parmi lesquels le groupe terroriste Front al-Nosra, des islamistes radicaux qui se battent en Syrie sous la bannière du réseau Al-Qaïda.

En effet, des rebelles syriens, dont des membres du Front al-Nosra, ont attaqué mercredi les forces syriennes pour s’emparer du point de passage de Quneitra, situé entre la partie syrienne du Golan et la partie du plateau occupée par Israël. Par mesure de précaution, l’État hébreu a fermé cette zone après qu’un soldat et un civil ont été blessés par des tirs d’obus lors de cette attaque.

Le Front al-Nosra est considéré par le Conseil de sécurité comme un groupe terroriste, tout comme par Washington qui l’a inscrit sur sa liste noire d’organisations terroristes étrangères.

Des antécédents dans la région

C’est la troisième fois que des Casques bleus sont capturés dans la région. Lors de deux incidents en mars et en mai 2013, des membres de la Force de l’ONU, dont des Philippins, avaient été pris en otages par des opposants syriens armés. L’ONU avait ensuite renforcé les positions et l’armement de ses soldats. Au bout de quelques jours, les Casques bleus avaient finalement été relâchés sains et saufs.

Aucune rançon n’avait été demandée ni payée à cette occasion, a précisé Stéphane Dujarric, qui ne considère pas pour le moment les 43 captifs comme des otages.

Le plateau du Golan, qui représente un enjeu stratégique pour la Syrie et Israël, est instable depuis le début de la guerre en Syrie. À la suite de la guerre des Six Jours en 1967, le plateau du Golan, au sud-ouest de la Syrie, a été occupé par Israël et annexé par l’État israélien en 1981. L’annexion de cette région est illégale au regard du droit international et a été condamnée par le Conseil de sécurité des Nations unies.

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331 Casques bleus se retirent

Manille avait annoncé samedi dernier son intention de retirer du Golan son contingent de 331 soldats en octobre pour des raisons de sécurité. Au total, l’UNDOF compte 1 223 hommes originaires de six pays : l’Inde, les Fidji, les Philippines, l’Irlande, les Pays-Bas et le Népal.

(Avec AFP)