Économie

L’Algérie veut exploiter son gaz de schiste plus tôt que prévu

Selon le patron de l’entreprise publique d’hydrocarbures Sonatrach, l’Algérie compte démarrer l’exploitation commerciale du gaz de schiste en 2022, soit beaucoup plus tôt que les échéances évoquées auparavant par les autorités nationales.

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Mis à jour le 9 décembre 2014 à 17:20

L’Algérie est classée au 3e rang mondial en termes de réserves de gaz de schistes récupérables. Sept bassins potentiels ont été identifiés à travers le pays. DR

« On ne va pas le pomper aujourd’hui [le gaz de schiste] mais à échéance très lointaine allant à l’horizon 2040 », affirmait le Premier ministre algérien Abdelmalek Sellal, en novembre 2012 tout en rappelant que cette l’exploitation de cette ressource, – « une option pour le très long terme » – était destinée aux générations futures.

Deux ans plus tard, le discours d’Alger est différent. En effet, l’exploitation commerciale du gaz de schiste devrait commencer en 2022 avec une production de 20 milliards de mètres cubes, a annoncé le 7 décembre à Alger Saïd Sahnoun, le PDG de la société publique d’hydrocarbures Sonatrach, dans son discours d’ouverture du Sommet nord-africain du pétrole et du gaz, qui s’achève aujourd’hui.

« Nous comptons entamer la phase-pilote de l’exploitation des ressources non conventionnelles en 2019, avec la perspective de mettre ce potentiel en production à partir de 2022 », a-t-il déclaré, rapporte l’agence officielle APS. Sonatrach prévoit ensuite d’intensifier ses investissements pour atteindre une production de 30 milliards de mètres-cubes à l’horizon 2025-2027.

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Dans son allocution, Saïd Sahnoun n’a pas évoqué les motifs de cette accélération de calendrier, qui intervient dans un contexte de chute des cours du pétrole sur les marchés internationaux et de recul continu de la production de gaz naturel du pays.

Le patron de Sonatrach s’est contenté d’indiquer que l’entreprise publique algérienne allait maintenir son plan de développement quinquennal 2015-2019, qui prévoit des investissements de 90 milliards de dollars.

L’Algérie, qui tire la quasi-totalité (96 %) de ses recettes d’exportation des hydrocarbures, détient environ 700 000 milliards de pieds cubes (19 800 milliards de mètres cubes) de gaz de schiste « techniquement récupérables », selon le département américain de l’Énergie. C’est environ cinq fois le volume des réserves en gaz conventionnel prouvées du pays, estimées à 4 000 milliards de mètres cubes.

Le pays d’Afrique du Nord a autorisé en mai dernier l’exploration de ces hydrocarbures non-conventionnels, dans le prolongement d’une nouvelle loi sur les hydrocarbures.

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