Société

Afrique du Sud : 1 Rwandais et 3 Tanzaniens jugés coupables de la tentative d’assassinat sur Nyamwasa

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Mis à jour le 29 août 2014 à 19:43

Quatre individus ont été jugés coupables vendredi de la tentative d’assassinat en 2010 de Faustin Kayumba Nyamwasa, l’ancien chef d’état-major du président rwandais Paul Kagamé avec qui il s’est brouillé. D’après la justice sud-africaine, l’attentat, qualifié de « politique », aurait été commandité au Rwanda.

La justice sud-africaine a tranché : un Rwandais et trois Tanzaniens ont été jugés coupables, vendredi 29 août, d’avoir tenté d’assassiner en 2010 en Afrique du Sud l’ex-chef d’état-major du président rwandais Paul Kagamé, l’ancien général Nyamwaza.

Les quatre agresseurs, le Rwandais Amani Uriwane et les Tanzaniens Hassan Mohammedi Nduli, Sady Abdou et Hemedi Dengengo Sefu, seront fixés sur leur sort le 10 septembre, date à laquelle ils connaîtront leur peine, comme le veut la procédure pénale sud-africaine : ils encourent jusqu’à dix ans de prison en Afrique du Sud.

Brouillé avec le président rwandais Paul Kagame au point de choisir l’exil, l’ancien général avait échappé de peu à la mort le 10 juin 2010 à Johannesburg, blessé de plusieurs balles dans l’estomac devant chez lui pendant la Coupe du monde de football organisée en Afrique du Sud. Quatre mois plus tôt, il avait quitté son pays et fui par des routes détournées dans des conditions rocambolesques.

Six hommes étaient jugés pour cette tentative d’assassinat, depuis laquelle le général Nyamwasa, 56 ans, vit toujours avec une balle logée dans le bas du dos. Il a également été visé par trois autres tentatives d’attentat selon ses dires. Deux accusés ont finalement été acquittés vendredi, dont l’ancien chauffeur rwandais du militaire et un compatriote, tandis que le juge Stanley Mkhari a conclu à la culpabilité des quatre autres accusés.

Un ordre venant de "tout en haut"

Devant le tribunal de Kagiso, près de Krugersdorp, le juge a déclaré pendant l’audience que la tentative d’assassinat du général Nyamwasa était "politique et organisée par un certain groupe de gens au Rwanda". Enfonçant le clou, Nyamwasa a déclaré, après le verdict, que cet attentat "ne pouvait venir que de tout en haut", une allusion transparente au président rwandais. L’enquête et le procès ont établi que les sicaires chargés d’abattre Nyamwasa avaient été payés de sommes allant jusqu’à 50 000 rands (3 500 euros).

Le président Kagame a toujours nié toute implication mais son gouvernement est régulièrement accusé d’être derrière les mauvais coups qui frappent ses opposants établis à l’étranger et soupçonné de chercher à les éliminer physiquement. L’ancien général Nyamwasa a également fait remarquer que le Rwanda, selon lui, s’était vanté après de l’assassinat de l’ancien chef des services secrets rwandais Patrick Karegeya, retrouvé mort étranglé le 1er janvier dans un hôtel de Johannesburg. "Ceux qui se sont vantés étaient au plus haut niveau", a-t-il ajouté.

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Un message fort

En mars, l’Afrique du Sud avait expulsé quatre diplomates rwandais et un Burundais, accusés de liens avec les assassins de Patrick Karegeya. Kigali avait répliqué en chassant à son tour six diplomates sud-africains, provoquant une crise diplomatique entre les deux pays. "L’arrivée à son terme de la procédure contre les agresseurs de l’ex-général Nyamwasa est un message fort", a souligné un porte-parole du parquet sud-africain, Nathi Mncube. Nous voulons assurer que l’Afrique du Sud ne devienne pas un havre pour les menées politiques de quiconque ou de quel pays que ce soit."

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(Avec AFP)