Tourisme

Mossadeck Bally voit toujours plus loin

Mossadeck Bally a lancé le groupe hôtelier Azalaï en 1993.

Mossadeck Bally a lancé le groupe hôtelier Azalaï en 1993. ©

Malgré les dommages subis par son établissement lors de l’insurrection burkinabè, le PDG malien d’Azalaï poursuit son expansion en Afrique de l’Ouest.

Abidjan, le 10 décembre. Mossadeck Bally, le patron des hôtels Azalaï, visite en compagnie d’un groupe d’investisseurs – parmi lesquels le gestionnaire de fonds Cauris Management et la Société financière internationale (IFC, filiale de la Banque mondiale) – le chantier de son futur établissement quatre étoiles dont la livraison et l’ouverture sont prévues pour le deuxième trimestre 2015.

Son objectif : présenter à ses partenaires l’avancement des travaux de ce projet phare qui augmentera de 200 chambres les capacités de son groupe et lui permettra de prendre enfin pied dans l’un des principaux pôles économiques d’Afrique de l’Ouest. Déjà présent dans quatre pays de la sous-région, le dirigeant mène quatre autres projets similaires à Dakar, à Conakry, à Niamey et à Nouakchott. Il devrait d’ailleurs ouvrir dans cette dernière 75 nouvelles chambres au Marhaba, en cours de rénovation, au début de l’année prochaine (juste avant celui d’Abidjan).

Azalai Mossadeck Bally ParcoursMais en cet après-midi de décembre, l’homme d’affaires entend surtout convaincre les investisseurs de l’accompagner dans le développement de son groupe. Plus tôt dans la journée, il leur a présenté sa politique d’expansion régionale, dont il a défendu la pertinence. Dans le secteur hôtelier, la concurrence devient rude : des groupes comme Onomo ou Teyliom montent en puissance et les chaînes internationales multiplient les projets sur le continent.

Pour y faire face et financer le développement de sa chaîne, le Malien cherche à constituer un trésor de guerre de près de 100 millions d’euros. Une partie de cette somme (40 millions d’euros) servira à augmenter le capital du groupe et le reste (60 millions) prendra la forme de dette. Initialement annoncée pour la fin de cette année, l’opération est toujours en cours. « Notre stratégie est bien accueillie par les investisseurs. Nous avons des retours positifs et nous allons pouvoir accélérer cette levée de fonds », soutient-il, se disant très optimiste.

>>>> Découvrir le reportage du magazine « Réussite » : Mossadeck Bally, l’étoile montante des hôtels africains

Marathonien

Pourtant, cette fin d’année est loin d’être facile pour ce fils de commerçants aux allures de marathonien qui s’est lancé dans l’hôtellerie en 1993 au Mali et qui, depuis quelques années, rêve de devenir le champion africain du secteur. Au Sénégal, la construction sur la corniche dakaroise de son hôtel quatre étoiles (un investissement de 18 milliards de F CFA, soit 27,4 millions d’euros environ, avec 600 emplois à la clé) tarde à démarrer, faute de permis.

Au Burkina Faso, pays de sa première implantation hors de ses terres maliennes, Azalaï a fait les frais de l’insurrection qui a eu raison de Blaise Compaoré. L’hôtel Indépendance, réquisitionné le 29 octobre par l’ancien pouvoir pour y héberger les députés qui devaient voter le changement de Constitution, a été complètement saccagé. Les dégâts sont immenses et la note bien salée : les premières estimations avoisinent les 15 milliards de F CFA. Sans compter la centaine de salariés licenciés. « C’est ça le plus dur », déplore le businessman, qui précise avoir réussi à sauver un peu plus de cent autres postes en les transférant sur d’autres sites de la région. Si les assurances – parmi lesquelles le fonds Miga de la Banque mondiale – devraient en partie prendre en charge le sinistre, le patron attend aussi un geste de l’État.

Mais pour l’instant, assure-t-il, la priorité est de reprendre le travail. « Avec nos architectes, nous avons déjà commencé à réfléchir sur la reconstruction de l’hôtel. Ils viennent de présenter leur nouveau projet », confie-t-il, déterminé à reconquérir au plus vite ce marché. « Quand on décide d’entreprendre en Afrique, ce sont des réalités dont il faut tenir compte. À quelques exceptions près, la plupart de nos États sont encore fragiles », explique-t-il, soutenant que sa stratégie de diversification géographique permet de répondre à ce type de situation.

Dirigeant « Smart »

Ainsi, « pour l’année qui s’achève, c’est le Mali [en crise il y a deux ans, et où il possède quatre hôtels] qui portera les bonnes performances que nous attendons, soit près de 25 millions d’euros de chiffre d’affaires et un bénéfice de quelque 5 millions d’euros environ », dévoile-t-il.

De fait, pour le patron malien – dont Jean-Marc Savi de Tové, de Cauris Management, dit qu’il « est un bon gestionnaire et un dirigeant smart » -, l’objectif de couvrir tous les pays d’Afrique de l’Ouest n’a guère changé : « Notre but, c’est d’être présents dans les huit pays de l’UEMOA [Union économique et monétaire ouest-africaine], puis de nous étendre au Ghana, en Mauritanie et, évidemment, au Nigeria », détaillait-il il y a quelque temps à Jeune Afrique.

« Solution à 360 degrés »

Tout en poursuivant ce développement régional, Mossadeck Bally a récemment entamé un travail d’internationalisation de l’image de son groupe. Fin octobre, il a conclu un accord avec Worldhotels pour renforcer ses positions sur le marché mondial. Six établissements de sa chaîne (au Burkina Faso, au Bénin, au Mali et en Guinée-Bissau) intègrent ainsi le réseau de Worldhotels et vont pouvoir profiter de la « solution à 360 degrés » de ce dernier, qui va de la fourniture d’outils technologiques pour le marketing et la vente à la gestion de l’image de marque. « Nous pourrons également bénéficier de son offre de formation et de son programme de fidélité qui compte 25 millions d’adhérents à travers le monde », ajoute le PDG.

Il est même allé plus loin en recrutant comme conseiller spécial le Néerlandais Rob Hormann, ancien PDG de Worldhotels. Une étape de plus pour asseoir définitivement la notoriété du groupe dans la région.

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