Politique

Égypte : libération sous caution d’Alaa Abdel Fattah et de deux autres activistes

Un tribunal égyptien a ordonné lundi la libération sous caution d’Alaa Abdel Fattah, une figure de la révolte populaire de 2011 qui chassa du pouvoir le président Hosni Moubarak, a indiqué un avocat de la défense.

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Mis à jour le 15 septembre 2014 à 15:32

Alaa Abdel Fattah, figure de la révolte de 2011. © AFP

Jugé pour la deuxième fois par un tribunal égyptien pour avoir attaqué un policier lors d’une manifestation illégale, Alaa Abdel Fattah a été libéré sous caution, lundi 15 septembre.

"Le tribunal a ordonné la libération sous caution d’Alaa Abdel Fattah et de deux autres détenus", a indiqué Mohamed Abdel Aziz, un avocat de la défense, précisant que la caution s’élevait à 5 000 livres égyptiennes, soit l’équivalent de 540 euros.

D’abord condamné à 15 ans de prison

Le 11 juin, le même tribunal avait condamné par contumace Alaa Abdel Fattah et 24 autres personnes à 15 ans de prison. Ce verdict avait été annoncé par surprise tandis que le jeune militant de gauche et deux autres prévenus se trouvaient à l’extérieur du tribunal dont ils s’étaient vu refuser l’entrée par la police.

"La cour s’est récusée (…) en raison du manque de respect des prévenus à son égard", a expliqué Mohamed Abdel Aziz. "Le tribunal a également demandé une enquête du parquet pour l’utilisation de vidéos personnelles appartenant à M. Abdel Fattah qui constitue une violation de l’intimité du prévenu", a précisé l’avocat.

En effet, lors d’une audience précédente, le parquet avait diffusé des vidéos personnelles d’Alaa Abdel Fattah, sans aucun lien avec l’affaire, selon l’avocat de la défense.

Répression contre tout type d’opposition

Depuis que les militaires ont destitué, en juillet 2013, l’ex-président islamiste Mohamed Morsi, les autorités installées par l’ex-chef de l’armée et actuel président Abdel Fattah al-Sissi mènent une répression implacable contre tout type d’opposition, islamiste comme laïque.

Tandis que la répression ciblant les pro-Morsi a déjà coûté la vie à plus de 1 400 personnes, des centaines de partisans du président islamiste ont été condamnés à mort dans des procès expéditifs et 15 000 autres ont été arrêtés.

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Progressivement, la répression qui était d’abord limitée aux islamistes, s’est élargie aux mouvements de la jeunesse, fer de lance de la révolte de 2011. Des dizaines de militants ont ainsi été emprisonnés pour avoir violé une loi controversée limitant le droit de manifester.

(Avec AFP)