Politique

État islamique : que font les États voisins de la Syrie et de l’Irak ?

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Réfugiés syriens franchissant l’Oronte, près du village de Hacipasa, en Turquie.

Réfugiés syriens franchissant l'Oronte, près du village de Hacipasa, en Turquie. © Manu Brabo/AP

De la Turquie à l’Iran, au Moyen-Orient, le degré d’engagement contre l’État islamique reste très variable. Explications.

"Chaque pays a ses contraintes, nous devons les accepter", a déclaré Chuck Hagel, le secrétaire américain à la Défense, le 8 septembre à Ankara. Si, à l’issue de la réunion de Jeddah le 11 septembre, le président Obama a pu rallier à sa cause dix États de la région (Arabie saoudite, Bahreïn, Émirats arabes unis, Koweït, Oman, Qatar, Égypte, Jordanie, Irak, Liban), leur degré d’engagement reste très variable.

Turquie

Membre de l’Otan, la Turquie est un allié incontournable… à la position ambiguë. Refusant de prendre part à des opérations armées, Ankara n’est disposé à ouvrir son espace aérien et sa base d’Incirlik qu’à des fins humanitaires et logistiques. À Jeddah, la Turquie s’est abstenue de signer le communiqué final qui appelait à se joindre à la campagne militaire.

Les autorités se disent préoccupées par le sort de 49 ressortissants pris en otage par l’EI et redoutent que les armes livrées aux Kurdes d’Irak et de Syrie ne parviennent aux indépendantistes du PKK. Mais certaines chancelleries occidentales soupçonnent les autorités turques de complicités avec des jihadistes qu’elles ont longtemps abrités, soignés, et peut-être armés et financés, dans leur lutte contre le régime de Damas. 

Arabie saoudite

Accusé de parrainer l’EI pour avoir longtemps financé et armé toutes sortes de groupes insurgés contre Bachar al-Assad, Riyad a fini, par la voix de son grand mufti, par déclarer l’organisation "ennemi numéro un de l’islam". En juillet, l’Arabie saoudite déployait une armée de 30 000 hommes le long de ses 900 km de frontière avec l’Irak, fortifiés face à la menace. Le 10 septembre, des responsables américains ont annoncé que Riyad allait ouvrir des bases pour entraîner des rebelles syriens modérés combattant aussi bien l’EI que le régime de Damas.

>> Lire aussi : 5 pays arabes s’unissent pour lutter contre les jihadistes

Émirats du Golfe

Cinquième flotte américaine à Bahreïn, commandement central américain au Qatar, bases au Koweït, camps militaires français et britannique aux Émirats arabes unis : les monarchies du Golfe auront un rôle stratégique à jouer si la Turquie continue de refuser d’ouvrir son espace aérien aux bombardiers de la coalition. Le 11 septembre, ces quatre États ont signé le communiqué de Jeddah, qui appelle à "participer aux nombreux volets d’une campagne militaire coordonnée contre l’EI". 

Jordanie

Fragile petit État partageant sa frontière nord avec la Syrie et l’Irak, déstabilisé par un flot ininterrompu de réfugiés depuis trois ans et par une crise économique qui pousse bien des mécontents à brandir le drapeau noir de l’EI, la Jordanie est dans le viseur du "calife Ibrahim". À la veille de la réunion de Jeddah, John Kerry, le secrétaire d’État américain, était à Amman pour étudier avec le roi Abdallah la possibilité de faire de son pays une base pour les attaques de la coalition.

Syrie et Iran

Fin août, le ministre syrien des Affaires étrangères avait affirmé que son pays était "prêt à coopérer et à coordonner les efforts, régionaux et internationaux, pour combattre le terrorisme". Mais le 10 septembre, Obama indiquait que les frappes sur l’EI allaient s’étendre au territoire syrien, sans demander l’aval de Damas.

Appuyé par la Russie, qui dénonce l’illégalité des opérations menées sans feu vert de l’ONU, le régime de Bachar al-Assad a déclaré que toute action s’affranchissant de son accord "serait considérée comme une attaque contre la Syrie". Allié de Damas et ennemi mortel de l’EI, l’Iran n’a officiellement de contact avec les États-Unis que sur le dossier nucléaire mais, dans le nord de l’Irak, il coordonnerait des opérations avec les forces américaines, irakiennes et kurdes.

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