Politique

FAO : 805 millions de personnes souffrent (encore) de la faim dans le monde

Un enfant malnutri, le 3 mars 2014 à Minkamman (Soudan du Sud). © AFP

Dans un rapport publié mardi, l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) a indiqué qu'environ 805 millions de personnes souffraient encore de la famine dans le monde, malgré d'"importants progrès" réalisés ces dix dernières années.

En dix ans, 100 millions de personnes ont été sauvées de la faim dans le monde. À en croire le rapport rendu public, le 16 septembre, par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), il s’agit là d’"importants progrès". D’autant qu’aujourd’hui 209 millions de personnes de moins souffrent de la famine qu’il y a vingt ans.

"Mais nous pouvons faire beaucoup plus et bien mieux", souligne aussi la FAO, rappelant qu’au même moment, le monde compte toujours environ 805 millions de personnes qui souffrent de la faim.

"Ces succès ne doivent donc pas faire oublier l’objectif que les Nations Unies s’étaient fixé en 2000, soit réduire de moitié la proportion de personnes souffrant de la faim dans les pays en développement d’ici 2015", a déclaré José Graziano da Silva, directeur général de la FAO, lors d’une conférence de presse tenue à Rome.

En Afrique subsaharienne, une personne sur cinq souffre encore de la faim.

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Le pourcentage de personnes en état de sous-alimentation est passé au cours de la dernière décennie de 18,7% à 11,3% de la population mondiale. C’est encore plus flagrant dans les pays en développement, où cette proportion est passée de 23,4% à 13,5%.

Malawi parmi les bons élèves

Les progrès réalisés masquent cependant de profondes disparités régionales. Parmi les bons élèves cités par la FAO, le Programme alimentaire mondial (PAM) et le Fonds international pour le développement agricole (FIDA), co-auteurs de ce rapport annuel, le Malawi, "grâce à un gros investissement dans l’agriculture, a diminué la part de sa population souffrant de la faim de 45 à 20%".

Dans un pays où 84 % de la population vit dans les campagnes, les efforts faits par ce petit pays africain ont notamment permis une forte augmentation de la production de maïs. "Même si la malnutrition et des retards de croissance affectent encore la moitié des enfants de moins de 5 ans", a nuancé Ertharin Cousin, directrice générale du PAM.

"Il nous faut donc intensifier nos efforts en direction des populations les plus isolées", car en Afrique subsaharienne notamment, "une personne sur cinq souffre encore de la faim".

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Des progrès en Amérique latine

Un "engagement politique fort" en faveur de l’éradication de la faim a donné des résultats particulièrement satisfaisants en Amérique latine, où les progrès ont été les plus sensibles.

Ainsi, au Brésil, "la famine n’existe plus", s’est félicité José Graziano da Silva, "grâce à une politique nationale cohérente" qui s’est maintenue "malgré les changements de gouvernements".

De même, en Bolivie, "le gouvernement a ciblé les populations autochtones et obtenu de très bons résultats", a souligné le directeur général de la FAO.

2 personnes sur 3 qui souffrent de la faim sont asiatiques

L’Asie, continent de loin le plus peuplé du globe, accueille sans surprise deux personnes sur trois en état de sous-alimentation dans le monde. "Ces personnes touchées par la faim n’ont ni besoin de pitié, ni de charité, mais de sécurité pour travailler et cultiver leurs terres", a relevé quant à lui John McIntire, vice-président du FIDA.

"Notre souci, c’est de mettre en place un environnement porteur, en faisant entendre la voix des plus pauvres auprès des politiques, en développant une approche participative des populations, en renforçant par exemple les communautés agricoles ou les groupes de femmes", a-t-il souligné. Ainsi, la réduction des prix alimentaires, "si elle est une bonne nouvelle pour les pauvres n’en est pas une pour les agriculteurs", a précisé Graziano da Silva.

Selon Ertharin Cousin, "pour atteindre la faim zéro", le plus grand défi consiste à affronter "les conflits qui se transforment en crises alimentaires, comme c’est le cas en Irak, en Syrie, en Soudan du Sud et en Centrafrique".

(Avec AFP)

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