Politique

RDC : l’Église congolaise réitère sa volonté de voir Kabila partir en 2016

Joseph Kabila ne s'est pas encore exprimé publiquement sur ses intentions pour 2016. © AFP/GWENN DUBORTHOMIEU/AFP

Après différentes rencontres à Rome avec le pape François, la conférence épiscopale de RDC a publié dimanche une lettre dans laquelle elle réaffirme son opposition à toute modification de la Constitution de la RDC pour une nouvelle candidature de Joseph Kabila en 2016.

Réunis à Rome pour la traditionnelle visite "ad limina apostolorum", les évêques de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) se sont à nouveau exprimés sans ambigüité sur une éventuelle candidature de Joseph Kabila à la présidentielle prévue en 2016.

"Pour nous, l’avenir heureux de la RD Congo réside incontestablement dans le respect de la Constitution, Loi fondamentale et socle de notre jeune démocratie. (…) Nous réaffirmons notre opposition à toute modification de l’article 220, article verrouillé de notre Constitution qui stipule que la forme républicaine de l’État, le principe du suffrage universel, la forme représentative du gouvernement, le nombre et la durée des mandats du président de la République, l’indépendance du pouvoir judiciaire, le pluralisme politique et syndical ne peuvent faire l’objet d’aucune révision constitutionnelle", explique la lettre datée du dimanche 14 septembre.

La visite "ad limina apostolorum" est un déplacement quinquennal que tout évêque est tenu de faire à Rome. Elle comprend diverses activités comme le pèlerinage aux tombeaux des apôtres Pierre et Paul et surtout une discussion sur la situation de l’Église dans la province dont il a la charge. Les évêques congolais assurent que le souverain pontife les "a réconfortés  dans [leur] ministère pastoral à être ‘des hommes d’espérance pour [leur] peuple’ et à ‘apporter [leur] contribution’ pour l’avenir heureux de [leur] nation."

Le combat continue

Le nouveau message de la Cenco réaffirme celui de juin dernier, qui exprimait l’opposition à "toute sorte d’initiative qui, sans modifier directement l’article 220, viserait à le vider de son contenu essentiel". Une position qui s’inscrit dans le droit fil du combat de l’Église congolaise contre les différents pouvoirs qu’a connu le pays depuis les années 1970. Mais cette fois, pour marquer le coup, l’Église de RDC va plus loin.

Elle suspend également sa participation au Comité d’intégrité et de médiation électorale (Cime). Les évêques affirment cependant accompagner de leurs prières le processus en cours. Ils ont donc vraisemblablement saisi l’occasion de leur visite au pape François pour médiatiser un peu plus leur position dans le débat sur la modification de la Constitution qui prend de plus en plus d’ampleur en RDC. La réponse du porte-parole du gouvernement congolais, elle, ne varie pas. Interrogé par RFI mercredi, Lambert Mende a dénoncé un "procès d’intention" contre le chef de l’État.

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