Politique

Nigeria : 25 villes seraient sous la coupe de Boko Haram

Selon un évêque catholique du nord-est du Nigeria, les terroristes de Boko Haram ont pris le contrôle d’au moins 25 villes de cette région.

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Mis à jour le 19 septembre 2014 à 09:39

Photo tirée d’une vidéo, le 24 août 2014, réalisée par Boko Haram. © AFP

Le nord-est du Nigeria est en partie sous la coupe de Boko Haram. D’après l’évêque catholique Oliver Dashe, en un mois, dix villes de l’État de Yobe, autant de l’État de Borno et cinq dans l’Adamawa sont tombées aux mains de ces insurgés islamistes radicaux, qui revendiquent la création d’un califat dans cette région.

"En tant que nation, nous avons presque perdu cette bataille, parce que c’est hors de contrôle", a estimé Olivier Dashe, qui s’exprimait mercredi dans le cadre de la conférence des évêques catholiques nigérians à Warri, dans le delta du Niger (Sud). "Plus vite nous réussirons à nous rassembler en tant que Nigérians, en faisant fi de la religion, de l’ethnie, des différences régionales, culturelles, idéologiques, mieux ce sera pour nous", a-t-il ajouté.

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Califat

Le gouvernement nigérian nie, pour l’instant, avoir perdu le contrôle d’une partie de son territoire au profit de Boko Haram. Il considère aussi comme "vide de sens" l’affirmation d’Abubakar Shekau, le chef de Boko Haram, selon laquelle une des villes prises le mois dernier avait été intégrée à un califat.

Il est très difficile de vérifier de façon indépendante si les insurgés ont réellement pris le contrôle de villes et de villages de cette région, quasi injoignable par téléphone. La plupart des informations proviennent des milliers d’habitants qui ont fui leur domicile vers d’autres villes.

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"Le gouvernement nous a déçus"

L’armée nigériane a admis, plus tôt ce mois-ci, que l’insurrection de Boko Haram constituait une menace pour la souvernaineté du Nigeria. Mais elle affirme avoir repris le contrôle de plusieurs villes. Selon Olivier Dashe, le diocèse de Maiduguri, la capitale de l’État de Borno et le fief historique de Boko Haram, qu’il représente, a été entièrement dévasté par les violences liées à l’insurrection islamiste.

L’évêque catholique accuse le gouvernement de "quasi-inaction" face à l’insécurité croissante et d"’indifférence", alors que des jeunes hommes sont enrôlés de force dans les rangs des islamistes et des femmes sont mariées de force à des insurgés. "Le gouvernement (…) nous a déçus et nous avons perdu toute confiance en le gouvernement et dans nos dirigeants", a-t-il conclu.

(Avec AFP)