Politique

Burkina : dialogue de la dernière chance entre Blaise Compaoré et l’opposition

Lors de la rencontre au palais de Kosyam, le jeudi 25 septembre. © Présidence du Faso

Le président Compaoré a initié un dialogue national entre la majorité et l'opposition censé trancher la question explosive d'un référendum sur la modification de la Constitution. Une initiative qui ressemble fort à une dernière main tendue du pouvoir envers ses détracteurs.

Le compte-à-rebours a commencé au Burkina Faso. Poussé par ses supporters à organiser le référendum qui pourrait lui permettre de se représenter en 2015, option dont ses adversaires ne veulent pas entendre parler, Blaise Compaoré n’a plus beaucoup de temps pour se décider et il le sait. Connu pour être un fin tacticien, habitué à bien peser le pour et le contre avant de se lancer, le président burkinabè a abattu cette semaine sa dernière carte.

Mardi 23 septembre, il a successivement convié, au palais de Kosyam, les responsables de la majorité présidentielle et ceux de l’opposition. Objectif de cette rencontre inédite : mettre en place un dialogue politique national, censé régler l’épineuse et lancinante question du référendum sur la modification de l’article 37 de la Constitution qui limite à deux le nombre de mandats présidentiels. Ont donc défilé à la présidence les principaux responsables politiques du pays, tels Assimi Kouanda, sécrétaire exécutif national du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP, le parti présidentiel), Zéphirin Diabré, chef de file de l’opposition et leader de l’Union pour le progrès et le changement (UPC), ou encore Roch Marc Christian Kaboré, président du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), ancien fidèle de "Blaise" passé dans le camp d’en face.

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"Si ça ne marche pas, il organisera le référendum"

À l’issue de leurs entretiens avec le chef de l’État, tous ont, sur le principe, accepté l’idée d’un dialogue républicain. Lors d’une seconde réunion, jeudi, ils ont désigné Assimi Kouanda et Zéphirin Diabré co-présidents de ce "cadre de concertation nationale". L’idée d’un modérateur a aussi été évoquée, mais aucun nom n’est sorti du chapeau. Pour le reste, les sujets de fond n’ont pas encore été abordés. Deux "rapporteurs" – Zacharia Tiemtoré pour la majorité et Ablassé Ouédraogo pour l’opposition – ont été nommés par chaque camp. Ils seront chargés, d’ici le lundi 29 septembre, date de la prochaine rencontre à Kosyam, de synthétiser et de présenter les positions de leurs troupes.

Dans une lettre transmise à Zéphirin Diabré, dont Jeune Afrique a obtenue une copie, Blaise Compaoré a proposé un projet d’ordre du jour en trois questions : "Légalité de la révision de l’article 37 de la Constitution ?", "Si oui, par quelle voie consensuelle ?", et "Quelle convergences de vues pour l’installation du Sénat ?" – signe qu’il n’a pas totalement abandonné l’idée de la mise en place d’une chambre haute. Dans un communiqué, l’opposition se dit pour sa part "ouverte au dialogue" mais rappelle aussi qu’elle rejette "fermement" une "modification de l’article 37 de la Constitution, l’organisation d’un référendum ainsi que de la mise en place d’un Sénat".

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L’issue de ce dialogue national, crucial pour l’avenir socio-politique du pays, semble donc bien incertaine. "Blaise pense que le dialogue est encore possible, mais il s’agit cette fois de la dernière tentative de conciliation entre les pro et les anti-référendum, glisse un haut responsable du CDP. Si ça ne marche pas, il organisera le référendum." À quelle date ? "Très probablement avant la fin de l’année".

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Benjamin Roger 

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