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Tunisie – Troussier : « Il fallait que je quitte Sfax »

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Troussier : « On a peut-être cru qu’avec mon expérience, j’étais un magicien ».

Troussier : "On a peut-être cru qu'avec mon expérience, j'étais un magicien". © AFP

À peine trois mois après son arrivée à Sfax, Philippe Troussier (59 ans) quitte la Tunisie, après l’élimination de son équipe, samedi soir, en demi-finale de la Ligue des champions face aux congolais de l’AS Vita Club (1-2, 1-2). Le technicien français s’explique.

Jeune Afrique : C’est une surprise de vous voir partir de Sfax, où vous étiez arrivé en juillet dernier…

Philippe Troussier : C’est une surprise d’un point de vue extérieur. Mais quand j’ai signé en juillet dernier mon contrat de deux ans, il y avait un deal entre le président Lotfi Abdennahder et moi-même : l’objectif prioritaire du club était de ramener la coupe de la Ligue des champions en Tunisie. À partir du moment où nous n’avons pas atteint la finale, chaque partie se réservait le droit de faire jouer une clause permettant de mettre fin à la collaboration.

Est-ce vous vous avez provoqué cette réunion avec votre président ?

Oui. Dès la fin du match contre Vita Club, j’ai parlé à mes joueurs. Nous étions tous tristes. Puis nous avons décidé avec mon président de nous réunir.

A-t-il cherché à vous convaincre de rester ?

Tous les moyens ont été mis à ma disposition pour parvenir à atteindre l’objectif. J’ai pu travailler avec un staff élargi, bénéficier de conditions de travail idéales. S’il a cherché à me retenir ? Je ne peux pas dire oui, et je ne peux pas dire non. Il était dans une situation de constat. Et il a des comptes à rendre. Il a compris que poursuivre dans ces conditions, ce n’était pas possible.

Que voulez-vous dire ?

Lors de la demi-finale retour [samedi 27 septembre], quand Vita Club a marqué son deuxième but alors qu’il restait plus de trente minutes à jouer, une grande partie de notre public s’est retournée contre l’équipe. C’était surréaliste ! J’ai ressenti une réelle hostilité à mon encontre, mais aussi envers les joueurs et les dirigeants. J’accepte le statut de coupable, et je prends toute ma part de responsabilité dans cette défaite. Mais je n’ai pas toujours ressenti, tant auprès de la presse que d’une partie des supporters, une véritable adhésion au projet que j’ai mis en place. On a peut-être cru qu’avec mon expérience en Afrique et ma réputation, j’étais un magicien et qu’il suffisait que j’arrive pour que Sfax soit champion d’Afrique. Mais le sport, c’est un peu plus compliqué que ça ! C’est pour cela qu’il me paraissait impossible de poursuivre ma mission à Sfax, puisque je ne l’aurais pas exercée sereinement.

Avez-vous déjà reçu des sollicitations depuis l’annonce de votre départ ?

Oui, d’un club du Golfe Persique, mais je n’ai pas donné suite. Je ne suis pas à la recherche d’un travail pour le moment. J’ai vraiment apprécié ce retour en Afrique. Mais il fallait que je quitte le club. Et la tension à Sfax va finir par redescendre…

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