Politique

Criminalité au Togo : série noire de braquages meurtriers à Lomé

| Écrit par Edmond d'Almeida
Le véhicule des commerçants braqués sur le parking de l’aéroport.

Le véhicule des commerçants braqués sur le parking de l'aéroport. © Cyrille Amétépé pour Jeune Afrique

En moins de deux mois, plusieurs braquages sanglants ont secoués Lomé. Ce qui relance la question de l’insécurité grandissante dans la capitale togolaise.

Lomé, comme toutes les grandes villes africaines, connaît son lot de petits cambriolages. Mais les scènes de violence qui se sont déroulées ces dernières semaines dans la capitale commencent à alimenter une certaine psychose. Des bandits armés se sont récemment mis à semer la terreur dans la ville avec des armes automatiques, le plus souvent en pleine journée. Dernier événement en date : le braquage sur le parking de l’aéroport, dimanche 28 septembre, de plusieurs commerçants se rendant en Chine pour effectuer des achats de marchandises.

Le véhicule des voyageurs venait de prendre place au parking de l’aéroport quand les braqueurs (6 selon des témoins) sont entrés en action. Pendant que l’un d’eux maintenait à distance la foule en tirant des rafales en l’air, les autres opéraient le hold-up. Au total, près de 3 milliards de francs CFA auraient été emportés dans une opération qui aurait duré en tout moins d’un quart d’heure. Dans son repli, le commando blesse mortellement un pasteur qui était à bord de son véhicule. Balle perdue.

À la mi-journée, le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, le colonel Damehame Yark intervient en personne à la télévision nationale pour dénoncer ce qu’il qualifie "d’actes de banditisme", mais aussi pour rassurer la population et l’appeler à collaborer avec les forces de sécurité grâce notamment à un numéro vert mis en place pour recueillir toute information permettant d’identifier les malfaiteurs. Une intervention qui n’a pas suffi à faire taire les nombreuses critiques qui pleuvent sur lui depuis le mois d’août. On pointe notamment le manque d’équipement des forces de l’ordre qui, selon des témoins, "se cachent dès que les balles retentissent". Et, surtout, la multiplication des crimes crapuleux au cours des dernières semaines.

Rumeur de coup d’État

Le 15 septembre dernier, des individus armés de fusils d’assaut du type AK 47 braquent un autocar venant du Mali. Deux personnes sont grièvement blessées. Auparavant, le 31 juillet, Assad Chagoury, le consul honoraire du Liban au Bénin, était pris dans une embuscade sur la route nationale numéro 2, juste à l’entrée de Lomé. Il y laissera la vie. Trois jours plus tard, au grand marché de Lomé, l’un des plus visités de la sous-région, c’est une boutique de vente de textiles qui reçoit la visite des mêmes braqueurs, selon les autorités. Un agent de sécurité sera tué ; les malfaiteurs courent toujours.

Quant à l’attaque de dimanche dernier, elle a pu être perçue par certains comme une tentative de coup d’État. L’aéroport Gnassingbé Eyadema est un point névralgique de la capitale, et la rumeur a fait le reste. Ce qui pose de sérieux problèmes de sécurité au gouvernement. "Si des individus parviennent à exécuter leurs forfaits à 10 h du matin dans un lieu aussi surveillé, qu’en sera-t-il de nos maisons ?", s’inquiète ainsi Abdallah, un riverain de l’aéroport. D’autant qu’un second braquage a eu lieu quelques heures plus tard, en fin de journée. Le décor de l’attaque : un marché à bestiaux de la périphérie nord de la ville. Des vendeurs de bétail sont dépouillés de leurs économies par des hommes armés qui, cette fois, ne font pas fait de victime.

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