Politique

Hama Arba Diallo, figure de la gauche burkinabè, est décédé

Arba Diallo (à droite), lors d'un meeting de l'opposition à Ouagadougou, le 18 janvier 2014. © Sophie Garcia/JA

Hama Arba Diallo, député-maire de Dori et figure de l'opposition burkinabè, est décédé dans la nuit du 30 septembre au 1er octobre. Il avait 75 ans.

Hama Arba Diallo s’est éteint dans la nuit du 30 septembre au 1er octobre à l’âge de 75 ans. Selon l’un de ses compagnons de lutte, Philippe Ouédraogo, "il est décédé au milieu de la nuit à cause d’une insuffisance cardiaque". Le député-maire de Dori, la ville du grand nord burkinabè, avait été hospitalisé le 28 septembre à la clinique du Centre, à Ouagadougou. "Il n’était pas malade, tout juste fatigué ", confie son ami. Mardi, il allait mieux. "Je l’ai vu à 18h30, il plaisantait. Il a reçu des visites jusqu’à 20 h. Et il était prévu qu’il sorte ce mercredi matin", témoigne Philippe Ouédraogo.

Selon ce dernier, sous le choc, "personne ne s’attendait" à la disparition  de celui que l’on surnommait Hô Chi Minh en raison de sa ressemblance physique avec le père de la nation vietnamienne. Le 25 septembre, il avait participé à la deuxième rencontre entre l’opposition, dont il est un des leaders, et la majorité, au palais présidentiel de Kosyam, dans le cadre du dialogue politique prôné par Blaise Compaoré. Le lendemain, il s’était rendu à Dori pour diriger une réunion municipale. Puis il était revenu à Ouagadougou le 27 septembre afin de participer aux journées parlementaires de son groupe.

Calme impressionant

Opposant historique au régime de Compaoré, Diallo présidait le Parti pour la démocratie et le socialisme (PDS/Metba). Ce Peul qui impressionnait par son calme jouissait d’une bonne image. Celle d’un homme de combat d’abord - il a très tôt milité en politique, étant proche de Thomas Sankara, dont il fut ministre des Affaires étrangères, avant de s’en démarquer – ; celle d’un homme de sagesse, ensuite - après des études supérieures aux États-Unis, il avait intégré le système des Nations unies et représenté le Burkina dans de nombreux pays (Nigeria, Chine, États-Unis) avant de rejoindre le siège de l’ONU. En 2010, porté par une coalition de partis progressistes, il était arrivé en deuxième position à l’élection présidentielle, avec 8,21% des suffrages.

Le 31 mai dernier, lors d’une nouvelle manifestation de l’opposition pour dire "non" à une révision constitutionnelle, il avait brandi le carton rouge contre Compaoré. Il était de ceux qui ne voulaient pas entendre parler d’un nouveau mandat de son meilleur ennemi.

Ses obsèques auront lieu vendredi 3 octobre à Dori.

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Par Rémi Carayol

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