Politique

CPI – Blé Goudé : « Les vrais criminels ne sont pas là, ils sont à Abidjan »

| Écrit par Vincent Duhem
Charles Blé Goudé à La Haye, le 2 octobre 2014.

Charles Blé Goudé à La Haye, le 2 octobre 2014. © Capture d'écran/Youtube

Le quatrième et dernier jour de l’audience de confirmation des charges retenues par l’accusation contre Charles Blé Goudé a été marqué par l’intervention du chef des jeunes patriotes. Les juges de la Cour pénale internationale ont désormais soixante jours pour rendre leur verdict.

Mis à jour à 14h48

Il était resté silencieux, écoutant avec une attention presque scolaire les réquisitions de l’accusation et les réponses de ses avocats. Au dernier jour de l’audience de confirmation des charges retenues contre lui devant la Cour pénale internationale, jeudi 2 octobre, Charles Blé Goudé a enfin pu s’exprimer. Pendant près d’une heure, fidèle à sa réputation de tribun, tout en verve et en conviction, citant le philosophe Edgar Morin, Gandhi, ou le "psaume 23" de la Bible entre deux sourires charmeurs adressés aux juges de la Cour.

>> Lire aussi : Les faits que la procureure de la CPI reproche à Charles Blé Goudé

Et c’est par une attaque à peine cachée contre la CPI qu’il a débuté son intervention : "Je me trouve ici à la Cour pénale internationale à un moment où, à tort ou à raison, certaines opinions accusent cette cour de servir des règlements de comptes politiques contre des leaders africains indociles qui seraient même condamnés avant d’avoir été jugés, a-t-il lancé. Ceci mettrait à mal la crédibilité, l’impartialité, l’indépendance de cette prestigieuse institution."

Ce n’est pas moi qui devrait être là mais des [Guillaume] Soro ou des [Hamed] Bakayoko.

"La procureure cherche à faire de moi celui qu’elle voudrait que je sois, mais que je ne serai jamais : un criminel, a-t-il poursuivi. Les vrais criminels ne sont pas là, ils sont à Abidjan. Ce n’est pas moi qui devrait être là mais des [Guillaume] Soro ou des [Hamed] Bakayoko."

>> Lire aussi : La vie de Blé Goudé derrière les barreaux de la CPI

Charles Blé Goudé a affirmé qu’il n’avait jamais prôné la violence et que les vidéos présentées par l’accusation ne prouvaient absolument rien. "Où sont donc les enregistrements haineux où je dis ‘allez tuer les partisans de Ouattara’ ? Qu’on me montre une seule vidéo où on me voit demander aux gens de tuer des musulmans ou des membres d’un groupe ethnique quelconque !", a-t-il dit.

"La guerre détruit les familles", a déclaré l’ex-général de la rue. "Je préfère être faible et vivant plutôt que fort mais mort. Je l’ai souvent dit et on riait alors de moi. Je suis quelqu’un de poli, je ne chasse pas les gens de mes réunions."

Et de poursuivre : "Non, je ne suis pas un anti-Français, non je ne suis pas un chef de milices, non je ne suis pas un partisan de la violence, non je ne suis pas un génocidaire. Un jour je suis convaincu qu’il fera jour. Je fais confiance à la justice internationale."

Les juges de la Cour pénale internationale ont désormais 60 jours pour rendre leur verdict. Selon l’accusation, Charles Blé Goudé aurait engagé sa responsabilité pénale individuelle, en tant que coauteur indirect, pour quatre chefs de crimes contre l’humanité : meurtres, viols et autres violences sexuelles, actes de persécution et autres actes inhumains.

>> Pour aller plus loin : La CPI, 15 ans et 29 Africains en ligne de mire
 

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Par Vincent DUHEM

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