Société

Angleterre : une oeuvre de Banksy dénonçant la xénophobie détruite par erreur

Mis à jour le 3 octobre 2014 à 17:07

Une murale de Banksy a été détruite dans le sud de l’Angleterre : le célèbre graffeur dénonçait la xénophophobie, ce que n’ont visiblement pas compris les autorités de la ville.

Cinq pigeons toisent une hirondelle, panneaux glissés sous l’aile : "Les immigrants ne sont pas bienvenus", "Retourne en Afrique", "Laisse nous nos vers de terre !". L’oeuvre satirique réalisée en début de semaine par le célèbre artiste Banksy ne semblait pas être du goût des autorités de Clacton-on-Sea, dans le sud de l’Angleterre. Les responsables de la mairie ont détruit la murale, jeudi, en dénonçant son caractère "offensant et raciste".

Pourtant, le graffeur n’avait pas choisi la ville au hasard : le 9 octobre se tiendront à Clacton des élections législatives assez particulières. Le député local, Douglas Carswell, a démissionné du Parti conservateur pour rejoindre l’UKIP, parti de droite eurosceptique et se représenter aux élections. L’une des lignes du programme de l’UKIP est de geler toute immigration pendant au moins cinq ans. L’oeuvre de Banksy visait à dénoncer la politique xénophobe du Parti.

Le conseil local a déclaré n’avoir pas su qu’il s’agissait d’une oeuvre de Banksy. Ils n’auraient pas compris l’aspect satirique de l’oeuvre et ont invité l’artiste à revenir à Clacton pour réaliser une oeuvre "appropriée".

Un retournement motivé par l’amour de l’art ? Pas vraiment. En s’apercevant de l’identité du "vandale", les autorités se sont surtout rendu compte du manque à gagner : en effet, la valeur de la fresque était estimée à plus de 500 000 euros, et un original de Banksy aurait attiré de nombreux touristes, comme à Folkestone, dans le Kent. Le graffeur y a réalisé une oeuvre le 28 septembre, immédiatement protégé par une plaque de plexiglas et attirant depuis de très nombreux amateurs d’art.

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Elena Blum