Politique

Kenya : Kenyatta à la CPI pour une audience « cruciale »

En acceptant de se présenter mercredi à La Haye, le président kényan, Uhuru Kenyatta, devient le premier chef d’État en exercice à comparaître devant la Cour pénale internationale (CPI). Il s’agit d’une audience « technique » mais « cruciale » qui exige sa présence, selon les juges.

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Mis à jour le 8 octobre 2014 à 10:15

Uhuru Kenyatta, le président kényan. © AFP

C’est à 10 heures (8 heures TU) que le président kényan, Uhuru Kenyatta, comparaîtra, ce 8 octobre, à La Haye, où siège la Cour pénale internationale (CPI). Une première dans l’histoire de la CPI qui n’avait jamais vu, jusqu’ici, se présenter devant elle un chef d’État en exercice.

Pour le cas du président kényan, ce sont les juges de la CPI qui ont estimé que la procédure se trouvait désormais à "un stade crucial" qui nécessitait la présence d’Uhuru Kenyatta, poursuivi pour son rôle présumé dans les violences postélectorales qui ont déchiré le Kenya fin 2007 et début 2008, faisant plus de 1 000 morts et plus de 600 000 déplacés.

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Pas assez de preuves ?

Uhuru Kenyatta est arrivé aux Pays-Bas mardi soir après avoir temporairement délégué ses pouvoirs à son vice-président William Ruto pour ne pas être, officiellement du moins, le premier chef d’État en exercice à être jugé par la CPI.

Toutefois, un véritable procès a pour le moment peu de chance de se tenir, surtout depuis que l’accusation a demandé son report sine die, faute de preuves suffisantes. C’est dans ce contexte que les juges ont convoqué l’audience de mercredi.

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Le procureure, la Gambienne Fatou Bensouda, accuse Nairobi de ne pas coopérer avec la CPI en refusant notamment de lui transmettre des relevés bancaires ou téléphoniques. Ces derniers pourraient prouver, selon elle, que Uhuru Kenyatta a orchestré une partie des violences de 2007-2008.

 

(Avec AFP)