Politique

Libye : polémique entre Moscou et Tripoli sur la « libération » d’une vingtaine de prisonniers

Au lendemain de l’annonce par Moscou de la libération d’une vingtaine de citoyens russes, ukrainiens et bélarusses détenus en Libye, Tripoli a dénoncé mercredi « l’évasion » de ces prisonniers. Une enquête a été ouverte pour déterminer les circonstances de leur sortie du territoire libyen.

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Mis à jour le 9 octobre 2014 à 10:16

Les détenus russes, ukrainiens et bélarusses, le 4 juin 2012 à Tripoli. © Afp

Que s’est-il vraiment passé ? Peu d’informations circulent sur la libération annoncée le 7 octobre d’une vingtaine de citoyens russes, ukrainiens et bélarusses qui étaient détenus en Lybie depuis 2011.

Mais à en croire Alexandre Loukachevitch, porte-parole de la diplomatie russe, tous ces prisonniers sont bien "revenus à la maison et sont en bonne santé". "Nous avons pris toutes les mesures nécessaires et utilisé différents moyens pour la libération des 22 prisonniers", avait-il affirmé le 7 octobre dans un communiqué, sans donner davantage de détails.

Accusés d’avoir été des mercenaires au service de l’ex-dictateur Mouammar Kadhafi, 18 Ukrainiens, deux Bélarusses et un Russe avaient été condamnés en juin 2012 à dix ans de prison à Tripoli. Le coordinateur présumé du groupe, également russe, avait écopé, lui, d’une peine de prison à perpétuité.

Selon une source du quotidien russe Kommersant, les prisonniers, arrêtés pendant l’été 2011, ont été libérés la dernière semaine d’août, après trois ans de captivité.

"Il s’agirait plutôt d’une évasion"

Mais à Tripoli, c’est un autre son de cloche. "Nous ne sommes pas au courant de la libération des détenus russes, ukrainiens et bélarusses. Il n’y a eu aucune décision de justice ou une grâce permettant leur libération", a déclaré al-Seddik al-Sour, porte-parole du bureau du procureur général libyenau lendemain de la confirmation de l’information par Moscou.

"Nous sommes en train d’enquêter sur les circonstances de leur sortie du pays. Si elle se confirme, il s’agirait plutôt d’une évasion", a-t-il annoncé.

(Avec AFP)