Vie des partis

Burundi : le président Pierre Nkurunziza accusé de vouloir détruire l’opposition

Le président Pierre Kkuruziza (g), lors d'une conférence de presse à Abidjan le 8 avril 2010. © AFP

À moins d'un an des élections générales, la situation politique inquiète la communauté internationale. L'opposition accuse, elle, le président Pierre Nkurunziza d'œuvrer à sa destruction.

"Le pouvoir de Pierre Nkurunziza est en train de poursuivre son œuvre de destruction de l’opposition, et il est en train d’y réussir car tous les véritables opposants sont soit en exil, soit poursuivis en justice ou ont été chassés de la tête de leurs partis".  A huit mois d’élections générales cruciales au Burundi, le chef de l’État est dans le viseur de Léonce Ngendakumana, président de l’Alliance démocratique pour le changement, principale coalition d’opposition du pays.

"Le parti Cndd-FDD veut aller seul à ces élections", accuse Léonce Ngendakumana.

Acteur-clé du processus de paix au Burundi, président du parti hutu d’opposition Frodebu qui a dirigé le Burundi durant la longue guerre civile (1993-2006), ce dernier vient lui-même d’être condamné à un an de prison ferme pour dénonciation calomnieuse.

>> Lire aussi : Amnesty dénonce la "hausse de la violence politique" contre l’opposition

"L’opposition ressemble de plus un plus à un champ de ruines après le passage d’un tsunami’", renchérit Pacifique Nininahawe, figure de la société civile. Le vice-président du Frodebu, Frédéric Bamvuginyumvira, est lui poursuivi pour une sombre histoire de moeurs. Et le président du Mouvement pour la solidarité et le développement (MSD), Alexis Sinduhije, recherché pour incitation à une insurrection armée – à la suite d’une manifestation non autorisée de ses partisans qui avait dégénéré en violents affrontements avec la police -, a préféré l’exil en Belgique.

Pour Bujumbura, ces accusations sont de "purs mensonges" véhiculés par "les ennemis de la paix". "Les libertés s’exercent au grand jour au Burundi, que ce soit pour les partis politiques, la société civile ou les médias qui critiquent le gouvernement à longueur de journée", rétorque le porte-parole du gouvernement, Philippe Nzobonariba.

>> Lire aussi : Quand les États-Unis jouent au shérif constitutionnel

Selon le ministre de l’Intérieur, Edouard Nduwimana, ces ex-chefs de l’opposition, privés de meetings dans les mois à venir, pourront faire campagne, mais pas avant d’être officiellement candidats, soit pendant… deux semaines seulement.

Comme dans plusieurs pays du continent, les tensions sont cristallisées par la volonté présumée du président Nkurunziza, au pouvoir depuis 2005, de briguer un troisième mandat.

La communauté internationale, dont l’aide financière est cruciale pour le petit pays des Grands Lacs, tire publiquement la sonnette d’alarme depuis des mois.

"Tout le monde est d’accord sur le constat, ‘les choses vont très mal sur le plan politique et des libertés au Burundi’, explique un responsable de l’Onu sous couvert d’anonymat. Ce qui est en débat aujourd’hui, c’est ce que doit faire la communauté internationale", poursuit-il: pressions amicales ou sanctions?

Les Pays-Bas, grand bailleur de fonds du pays, ont déjà conditionné une aide de 1,3 million de dollars (1 million d’euros) au processus électoral "au respect des engagements", notamment l’ouverture politique ou l’absence de violences politiques.

>> Pour aller plus loin : Où et quand se tiennent les élections de 2015 en Afrique

(Avec AFP)

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