Défense

Mali : les contrats d’armement surfacturés, une bombe à retardement pour IBK

Le cercle rapproché du président Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) est dans le viseur.

Le cercle rapproché du président Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) est dans le viseur. © AFP

L'affaire des contrats d'armement surfacturés continue de faire des victimes... jusque dans le cercle rapproché du chef de l'État. Son conseiller spécial, Sidi Mohamed Kagnassi, a dû démissionner.

Les casseroles que traîne le gouvernement malien – l’achat de l’avion présidentiel et plusieurs contrats d’armement surfacturés – n’ont pas fini de faire jaser à Bamako. Elles ont déjà valu au Mali la suspension des aides budgétaires de ses bailleurs internationaux, en juin, et continuent de perturber le gouvernement. "Nul n’est au-dessus de la loi", a martelé Moussa Mara, le Premier ministre, alors que c’est désormais le cercle rapproché du président Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) qui est visé.

De fait, après le licenciement du directeur financier du ministère de la Défense et la garde à vue de quarante-huit heures imposée début octobre à Soumeylou Boubèye Maïga, ancien ministre de la Défense, par la brigade financière de Nanterre (nord-ouest de Paris), c’est Sidi Mohamed Kagnassi, conseiller spécial du chef de l’État, qui a remis sa démission. Kagnassi est le patron de la société d’import-export Guo-Star, celle-là même qui était censée fournir l’armée en matériel à hauteur de 69 milliards de F CFA (105 millions d’euros, soit environ 80 % du budget de la Défense).

Les quelque 30 milliards restants auraient été utilisés pour la réfection du palais de Koulouba et pour payer la commission du conseiller spécial…

Or, selon le rapport de la Cour suprême rendu public le 9 octobre, ce contrat "n’a pas connu un début d’exécution". Guo-Star avait sollicité le financement de Banque Atlantique, qui avait subordonné son accord à une garantie de 100 milliards de F CFA de l’État, obtenue illégalement auprès du ministère des Finances. Les quelque 30 milliards restants auraient été utilisés pour la réfection du palais de Koulouba et pour payer la commission du conseiller spécial… Le même procédé aurait été utilisé dans le cadre d’un autre contrat passé avec Paramount Group, leader mondial en matière de défense et de sécurité. Enfin, la société AD-Trade était quant à elle censée fournir trois hélicoptères de combat, pour lesquels le gouvernement a payé 30 % d’acompte. Ils n’ont jamais été livrés.

17 milliards de F CFA empruntés auprès de la Banque de développement du Mali

Qu’en est-il de l’avion présidentiel, acquis de gré à gré auprès des sociétés Akira Investments et Sky Color pour 3,2 milliards de F CFA ? Aux yeux de Moussa Mara, cet achat ne semble pas poser de problème, mais il a tout de même été jugé précipité par les rapporteurs de la Cour suprême. Pour cette acquisition, le ministère des Finances aurait contracté un emprunt de 17 milliards de F CFA passé, là encore, de gré à gré, auprès de la Banque de développement du Mali. Le gouvernement avait justifié l’achat par le coût élevé des contrats de location d’avions auprès de la compagnie Afrijet, de l’homme d’affaires français Michel Tomi. Ce dernier, inculpé en juin, aurait, dit-on, servi d’intermédiaire pour cet achat.

On attend encore le rapport du vérificateur général (VG) du Mali pour faire la lumière sur ces affaires. Soumeylou Boubèye Maïga devrait quant à lui envoyer son rapport contradictoire au ministère de la Défense. Une synthèse finale du VG sera remise au plus tard début novembre au Fonds monétaire international (FMI) pour qu’il puisse l’analyser avant son conseil d’administration, début décembre.

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