Politique

Algérie : Rafik Khalifa, après la gloire, les déboires

Mis à jour le 21 décembre 2021 à 18:10

Pour l’ex-golden boy, déjà condamné à la réclusion à perpétuité en Algérie, les ennuis continuent. Il vient d’écoper de cinq ans de prison en France.

Mis à jour le 18/10.

L’ancien milliardaire algérien Rafik Khalifa, 47 ans, patron du groupe Khalifa, qui avait fait fortune dans le transport aérien, la banque, le sponsoring sportif, l’industrie pharmaceutique, le bâtiment et l’audiovisuel, a été condamné par défaut, le 7 octobre, par le tribunal correctionnel de Nanterre (France), à cinq ans de prison. Une peine assortie d’une amende de 375 000 euros et d’un mandat d’arrêt international.

Il lui est reproché d’avoir organisé, en 2002, la faillite de la filiale française de sa compagnie Khalifa Airways et d’avoir détourné des fonds liés à la revente, pour 16,7 millions d’euros, de la villa Bagatelle, à Cannes, qu’il avait acquise en juin 2002 pour 37 millions d’euros. Il est également accusé d’avoir récupéré l’argent de la revente des avions de Khalifa Airways pour 5,5 millions d’euros.

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« Pillage à profit personnel »

Dans son argumentaire, le tribunal a estimé que « M. Khalifa a de manière systématique organisé le pillage, parfois à son profit personnel » de sa société et qu’il s’est « dérobé de manière particulièrement patente à ses responsabilités » en s’exilant à Londres. Paris avait bien demandé à « emprunter » l’accusé le temps du procès, en juin dernier, mais l’Algérie, à qui les Britanniques l’avaient livré en décembre 2013, avait refusé, arguant qu’elle n’extrade jamais ses citoyens. Il n’y a donc aucune chance que le mandat d’arrêt émis par la justice française aboutisse.

Ce n’est pas la première fois que Rafik Khalifa écope d’une peine de prison. En 2007, un tribunal de Blida, en Algérie, l’avait condamné par contumace à la réclusion criminelle à perpétuité pour des malversations liées à la gestion de l’une de ses entreprises, El Khalifa Bank.

Ruiné et déprimé, il attend son procès en appel

Gardé sous haute protection à la prison d’El-Harrach (banlieue d’Alger) depuis son extradition de Grande-Bretagne, le golden boy, ruiné et déprimé, attend son procès en appel. Si celui-ci a été annoncé à maintes reprises par les médias, sa date n’a toujours pas été fixée. À croire que la justice algérienne n’est pas pressée de rejuger cet homme qui accuse, sans preuves probantes, le président Abdelaziz Bouteflika d’avoir oeuvré en sous-main à la liquidation de son groupe.

Quant aux autres affaires dans lesquelles il aurait trempé – le transfert illégal et massif de devises vers des comptes à l’étranger ou l’importation frauduleuse de cinq stations de dessalement d’eau de mer pour 60 millions d’euros – elles sont encore ouvertes, plus de dix ans après le début de l’instruction.