Politique

Mali : au moins 7 morts dans des combats entre le MNLA et le Gatia près de Gao

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Mis à jour le 17 octobre 2014 à 09:17

Au moins sept personnes ont été tuées lors d’affrontements jeudi après-midi, près de Gao, principale ville du nord du Mali, entre et le MNLA et le Gatia, deux groupes armés touaregs de la région.

Des combats meurtriers ont opposé jeudi 16 octobre, dans la localité d’In Tillit (environ 130 km au sud de Gao), le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA, rébellion touarègue) et un mouvement rival, le Groupe autodéfense touareg Imghad et alliés (Gatia). D’après des sources concordantes citées par l’AFP, au moins sept personnes ont été tuées.

"Les affrontements ont duré plus de six heures à In Tillit, le MNLA a été chassé de la localité, qui est désormais contrôlée par le Gatia et ses alliés. Il y a eu au moins sept morts dans les deux camps, et plusieurs blessés", a affirmé jeudi soir une source au sein de la Minusma (la mission de l’ONU au Mali). "Il y a au moins sept morts. Et c’est un bilan provisoire", a de son côté confirmé une source sanitaire jointe à In Tillit, précisant avoir dénombré trois morts du côté des combattants du Gatia et quatre chez le MNLA. Elle a également fait état de la présence massive des combattants du Gatia sur place : "Actuellement, les gens du Gatia sont partout à In Tillit. Ils sont visibles à la préfecture et vers la mairie."

Peser sur les négociations

D’après la source onusienne, les affrontement ont opposé les Touaregs de la tribu des Imghad, membres du MNLA, et les Imghad du Gatia. "Les Imghad membres du MNLA et ceux du Gatia ont respectivement reçu le renfort des autres tribus du MNLA et d’une branche du Mouvement arabe de l’Azawad (MAA)", a-t-elle précisé.

Le MNLA est un des groupes impliqués dans les pourparlers lancés en juillet à Alger avec le gouvernement malien. Le Gatia, créé en août, revendique une place à la table des négociations. Selon une source sécuritaire régionale, le Gatia, dernier-né des groupes armés du nord du Mali, veut contrôler une base territoriale pour peser sur les négociations d’Alger. Le MNLA tente de l’en empêcher, avec des alliés dans chaque cas.

L’ombre de Gamou

Généralement, le Gatia, réputé très proche du général El Hadj Ag Gamou, un officier touareg fidèle à l’armée gouvernementale, reçoit sur le terrain son soutien et celui d’une branche du MAA. Le général Ag Gamou est souvent accusé par des observateurs de mettre les moyens de l’armée malienne à la disposition du Gatia.

Le gouvernement et six mouvements armés du Nord – dont le MNLA, le MAA et le Haut Conseil pour l’unité de l’Azawad (HCUA) – ont signé en juillet à Alger une feuille de route des négociations pour ramener la paix. Ils sont engagés depuis septembre dans un deuxième round de discussions, qui n’ont pour le moment débouché sur aucune avancée notable.

(Avec AFP)