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Cet article est issu du dossier «Économie africaine : ce qu'il faut retenir de 2014»

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Capital-investissement

Private equity : en 2014, les acteurs globaux ont fait la loi

En deux ans, le français Wendel a investi près de 700 millions d'euros dans des sociétés africaines. @ Eric Fremont/AFP ©

Carlyle, KKR, Temasek, Wendel ont marqué de leur empreinte l'année écoulée dans le domaine du capital-investissement. Une menace pour les acteurs africains du secteur ?

Attention, la cavalerie débarque. Annoncée depuis plusieurs années, l’arrivée des grands capital-investisseurs mondiaux ne s’est jamais autant manifestée qu’en 2014. Outre un investissement de 147 millions de dollars dans la banque nigériane Diamond Bank, Carlyle a investi des montants non publics dans le sud-africain Tiger Automotive et dans J&J, une société de logistique basée au Mozambique. Surtout, le géant américain a bouclé son premier fonds dédié à l’Afrique subsaharienne à 698 millions, soit 40 % de plus que l’objectif initialement fixé.

Un succès qui cache d’autres ambitions. Ainsi, KKR, un autre géant (avec plus de 50 milliards sous gestion à travers le monde), a bouclé en 2014 sa première opération africaine, en misant 200 millions de dollars dans Afriflora, une société basée aux Pays-Bas et qui cultive des fleurs en Ethiopie. Le français Wendel, de son côté, a renforcé sa position dans le gestionnaire de tours télécoms IHS, portant à près de 700 millions d’euros les montants investis dans des sociétés africaines en deux ans. Le fonds souverain Temasek a de son coté injecté 100 millions dans la société pétrolière Seven Energy tandis que son confrère émirati Investment Corp of Dubai misait 300 millions dans Dangote Cement.

Selon le cabinet d’avocats Freshfields, qui a publié une étude sur le sujet, la valeur des transactions réalisées par des fonds internationaux de private equity a plus que doublé (+137 %) en Afrique au premier semestre 2014.

Private equity : les grandes opérations en 2014

Montants supérieurs

Sans surprise, ces géants mondiaux (auxquels il faut ajouter Abraaj, qui fut l’un des premiers à se tourner massivement vers le continent en rachetant Aureos Capital) misent généralement des montants bien supérieurs à ceux investis par les acteurs purement dédiés à l’Afrique. Ainsi quand AfricInvest injecte en général dans les entreprises de dix à 20 millions d’euros ou qu’Emerging Capital Partners ou Development Partners International montent à 50 millions, Carlyle et les autres recherchent des opérations de plus de 100 millions. Ce qui limite les cibles potentielles à quelques groupes panafricains ou des sociétés privées établies sur quelques gros marchés. « Ils souhaitent investir entre 100 et 200 millions en capital et il est clair que le Nigeria est au premier rang de leurs priorités », souligne Miguel Azevedo, patron Afrique de la banque d’investissement de Citi. « Ils ont également une capacité plus importante à recourir de manière importante à la dette. Les banques, surtout internationales, sont davantage enclines à leur prêter. »

Pour rattraper leur retard, les internationaux n’hésitent pas à chasser leurs propres équipes chez des acteurs africains installés depuis plus longtemps qu’eux.

Pas un souci

Cette arrivée massive de capitaux est assurèment une bonne nouvelle pour les entrepreneurs africains. Est-ce un souci pour les acteurs africains du capital-investissement ? « Pas le moins du monde, assure l’un d’entre eux, sous couvert de l’anonymat. D’abord, parce que la connaissance du tissu économique africain ne s’apprend pas en un jour. Ensuite, parce qu’il y a encore peu d’opérations où les capital-investisseurs sont mis en compétition. »

À moyen-terme, l’intérêt des géants mondiaux du private equity devrait toutefois pousser les entreprises à ouvrir leur tour de table via des appels d’offres : c’est ce que fit, notamment, le groupe ouest-africain de jus et produits laitiers Fan Milk, aboutissant à un niveau de valorisation très élevé.

Pour rattraper leur retard, les internationaux n’hésitent pas à chasser leurs propres équipes chez des acteurs africains installés depuis plus longtemps qu’eux. C’est ce que fit Abraaj en rachetant les équipes Afrique du Nord du français Amundi puis toutes les équipes Afrique d’Aureos Capital, un des plus anciens acteurs du capital-investissement sur le continent. Carlyle a recruté ses dirigeants Afrique chez Ethos Private Equity, Standard Chartered ou Emerging Capital Partners.

 

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