Politique

Maroc – Terrorisme : les autorités françaises ont-elles encore commis une bourde ?

Après l’affaire des trois présumés jihadistes français de retour de Turquie attendus par la police à l’aéroport d’Orly et finalement descendus sans être inquiétés à celui de Marseille, le 23 septembre, les services de Bernard Cazeneuve, le ministre français de l’Intérieur, viennent-ils d’enregistrer un nouveau raté ?

Par
Mis à jour le 20 octobre 2014 à 16:47

Un brassard de la police française. © AFP

Le 15 octobre, un Marocain résidant en France et désigné par ses initiales, N.R., a été interpellé à l’aéroport de Casablanca alors qu’il cherchait à embarquer pour Istanbul en compagnie de ses deux filles et d’une femme, elle aussi marocaine.

>> Lire aussi : Trois jihadistes présumés parviennent à rentrer en France sans être arrêtés

Selon nos informations, il s’agit de Nabil Rhaba, alias Abou Assia El Maghribi, résidant à Tarbes, dans le sud-ouest de la France, et dûment fiché par la police pour ses activités de prédicateur takfiri (radical) dans une mosquée de Toulouse. Rhaba, qui était en contact régulier avec Issam Adnane, l’un des principaux recruteurs marocains de Daesh, installé à Raqqa, fief syrien du califat islamique, avait attiré l’attention des policiers français, qui, après l’avoir brièvement interpellé en 2013, l’avaient placé sous contrôle judiciaire.

>> Lire aussi : État islamique, naissance d’un monstre de guerre (#1) et #2

Marié à une Française et père de deux fillettes elles aussi françaises, Nabil Rhaba a pourtant pu quitter sans encombre le territoire avec ses deux enfants. Et c’est accompagné d’une Marocaine, Oumana Janati, avec laquelle il avait contracté un mariage orfi ("coutumier"), qu’il comptait rejoindre Raqqa, via la Turquie.

Rhaba, dont deux des frères sont membres des Forces auxiliaires marocaines, envisageait de revenir au Maroc une fois son apprentissage de jihadiste achevé. Son projet, si l’on en croit les enquêteurs marocains : commettre un attentat contre le Palais royal de Casablanca. Rien de moins.