Sécurité

Libye : des milices ont commis des « crimes de guerre » à l’Ouest, selon Amnesty

Un combattant de Fajr Libya, le 21 octobre 2014 à Kikla, au sud-ouest de Tripoli. © AFP

Dans un rapport publié jeudi, Amnesty International accuse des milices et des groupes armés d'avoir commis "des violations généralisées des droits de l'Homme, y compris des crimes de guerre" dans l'ouest de la Libye.

À Zentan, à 170 km au sud-ouest de Tripoli, et dans plusieurs autres villes de l’Ouest, des combats font rage depuis plusieurs semaines. À en croire Amnesty International, lors de ces affrontements, "les combattants ont fait preuve d’un mépris total pour la vie des civils : tirs sans discernement de roquettes ou d’artillerie sur des quartiers densément peuplés, endommageant des maisons, des infrastructures et des centres médicaux".

"Des milices hors-la-loi et des groupes armés de tous bords se livrent dans l’ouest de la Libye à des violations généralisées de droits de l’Homme, y compris des crimes de guerre", a déploré l’organisation de défense des droits de l’Homme dans un rapport rendu public jeudi 30 octobre.

Ces combats opposent les milices pro-gouvernementales de Zentan à celles de Fajr Libya, coalition hétéroclite commandée par la ville de Misrata et composée notamment de milices islamistes et autres groupes armés venus de plusieurs villes de l’Ouest.

>> Lire aussi : "La priorité doit être donnée à l’édication d’un État fort en Libye", selon Mohamed Dayri

"Des exactions à grande échelle"

Fajr Libya avait chassé les Zentanis de Tripoli en août, après des semaines de combats meurtriers, étendant ses opérations à l’ouest de la capitale, en particulier contre la ville de Werchefana. Les Zentanis et leurs alliés de Werchefana ont lancé le 11 octobre une contre-offensive sur plusieurs fronts dans la région de Djebel Nefoussa, à une centaine de kilomètres au sud-ouest de Tripoli.

Fajr Libya et la coalition Zentan-Warchefana sont "soupçonnés d’avoir commis des violations flagrantes des droits de l’Homme", selon Amnesty, qui dit se baser sur des images satellite et des témoignages. Ils "commettent des exactions à grande échelle, y compris des crimes de guerre, en toute impunité", a déploré Hassiba Hadj Sahraoui, la directrice adjointe d’Amnesty pour le Moyen-Orient.

Amnesty dénonce par ailleurs des enlèvements, tortures et autres mauvais traitements commis par des milices sur des dizaines de civils en raison de leur appartenance tribale ou affiliation politique. Plusieurs victimes ont dit avoir été "torturées ou maltraitées, battues avec des tuyaux en plastique, bâtons, barres métalliques, câbles ou soumis à des électrochocs".

L’échec ces trois dernières années des autorités libyennes à demander des comptes aux milices pour leurs actes les a encouragées et "renforcé dans leur conviction qu’elles sont au-dessus de la loi", a estimé Hadj Sahraoui.

(Avec AFP)

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