Immigration

Migrants : Amnesty dénonce les propositions de Bruxelles et son « catalogue du pire »

| Par Jeune Afrique avec AFP
Des migrants sur une embarcation au large de la Méditerranée en mars 2017.

Des migrants sur une embarcation au large de la Méditerranée en mars 2017. © Santi Palacios/AP/SIPA

Les récentes propositions de la Commission européenne sur le renvoi des migrants irréguliers vers leurs pays d’origine constituent un « catalogue du pire », pour l’ONG Amnesty international, qui a appelé lundi l’Europe à « réviser de toute urgence ses pratiques ».

« Pour l’Europe, la fin justifie tous les moyens », affirme Amnesty, qui dénonçait sur son site français ce lundi 06 mars une Commission « obsédée par l’efficacité des renvois de migrants » et qui « pousse les États à commettre le pire ».

Une « position hypocrite »

Le 2 mars, la Commission européenne a brandi la menace de sanctions à l’encontre des États membres refusant d’accueillir des réfugiés, tout en présentant un « plan d’action » pour renvoyer de manière plus systématique les migrants irréguliers vers leurs pays d’origine.

Une « position hypocrite de la Commission » à l’égard des migrants, juge l’ONG, pour qui les récents appels des commissaires européens à prendre des distances « avec la politique migratoire honteuse de Donald Trump » sonnent désormais « bien creux ».

Un « catalogue du pire »

Parmi les propositions énoncées par Bruxelles, et épinglées par Amnesty, on retrouve la volonté de raccourcir les « délais de recours » contre les décisions de retours. Pour les députés européens, ces décisions ne doivent plus « comporter de date d’expiration » . L’ONG évoque aussi le placement en rétention des personnes auxquelles une décision de retour a été signifiée, dès lors qu’elles présentent un « risque de fuite » ou bien l’autorisation de rétentions d’au moins six mois.

Un « catalogue du pire » pour Amnesty, et pour lequel la Commission européenne prévoit un budget de près de 200 millions d’euros. L’ONG estime que pour l’UE, « le renvoi prime sur toutes autres considérations […], y compris les droits humains ».

Aussi appelle-t-elle les élus européens à réviser « de toute urgence » ces pratiques qui ne donnent aux personnes en situation irrégulière « aucune autre perspective que des contraintes, des droits malmenés et le risque d’être renvoyées illégalement ».

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