Sécurité

RDC : pourquoi la réorganisation du M23 à l’est n’est pas exclue

| Par Jeune Afrique
Bertrand Bisimwa, chef politique du M23.

Bertrand Bisimwa, chef politique du M23. © AFP

De l’avis de plusieurs analystes, la non satisfaction des revendications du Mouvement du 23-Mars (M23) risque de motiver le déclenchement d’un nouveau conflit armé dans l’est de la RDC. D’autant que les ex-rebelles n’ont toujours pas été démobilisés…

"Le M23 n’a pas été démobilisé mais il a été repoussé. Par conséquent, il reste une force qui peut faire son retour avec l’assentiment des voisins ougandais et rwandais quand bon leur semblera", avertit Thierry Vircoulon, du cercle de réflexion l’International Crisis Group (ICG), à l’aube de la commémoration de la victoire historique du 5 novembre 2013 de l’armée congolaise sur le mouvement rebelle qui contrôlait une partie de la province du Nord-Kivu.

"L’échec éventuel du désarmement des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) pourrait être un argument de plus" pour une guerre, ajoute un analyste politique congolais, sous couvert d’anonymat.

Après avoir vaincu militairement le M23, Kinshasa avait promis de résoudre des problèmes posés par le mouvement rebelle, notamment celui relatif à la neutralisation des FDLR et au retour des réfugiés tutsi-congolais. Mais une année plus tard, la lutte contre les rebelles rwandais n’a toujours pas démarrée, un ultimatum de 6 mois qui court jusqu’au 2 janvier 2015 ayant été accordé à ces derniers par les pays de la région. Et le retour de réfugiés piétine. Ce qui fait craindre, selon la société civile du Nord-Kivu, une "réorganisation des éléments ex-M23, en perspective de prochains assauts".

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M23, "réorganisation à long terme" ?

Un point de vue partagé par Christoph Vogel, observateur averti de la situation sécuritaire dans le Kivu. Le chercheur n’écarte pas l’hypothèse d’une "réorganisation à long terme" de l’ex-mouvement rebelle, en cas d’échec de réintégration sociale, économique et politique" de ses combattants réfugiés en Ouganda et au Rwanda.

Afin de prévenir tout risque, le député Juvénal Munubo Mubi, membre de la Commission défense et sécurité à l’Assemblée nationale, préconise entre autres d’"accélérer le DDRRR (désarmement, démobilisation, rapatriement, réintégration et réinstallation) et de renforcer la présence de l’armée à l’Est".

"Il faut [plutôt] s’inquiéter du refus du gouvernement de respecter ses engagements" et se demander pourquoi il "veut toujours garder une porte ouverte à ses citoyens pour une réclamation forcée", rétorque de son côté Bertrand Bisimwa, le chef politique du M23, en exil en Ouganda, dénonçant un "faux débat" autour de la résurgence supposée de son groupe armé.

>> Lire aussi : les brebis égarées du M23

Mais François Muamba, coordonateur du Mécanisme national de suivi (MNS) des Accords d’Addis-Abeba en RDC, signe et persiste : "Nous savons très bien qu’il y a un agenda, qui n’est pas un agenda de la paix." Il accuse par ailleurs le M23 d’avoir esquivé plusieurs réunions d’évaluation, mais espère sa présence les 7 et 8 novembre à Kinshasa, où le MNS et le M23 doivent faire le point en présence d’envoyés spéciaux internationaux – dont Saïd Djinnit, représentant spécial de l’ONU pour la région des Grands Lacs.

(Avec AFP)

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