Politique

RDC : au moins 20 manifestants arrêtés lors d’un sit-in à Kinshasa

Malgré l’interdiction des autorités de Kinshasa, deux partis d’opposition ont organisé lundi un sit-in devant la Mission de l’ONU en RDC (Monusco) pour demander l’ouverture du dialogue national. La police a arrêté au moins 20 personnes, selon des témoins.

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Mis à jour le 3 novembre 2014 à 17:04

Vital Kamerhe, au siège de son parti à Kinshasa, le 13 septembre 2014. © AFP

Entre le pouvoir de Kinshasa et une frange de partis politiques d’opposition congolaise dite "radicale", l’heure est à la confrontation. C’est dans ce contexte qu’un sit-in a été organisé, lundi 3 novembre devant le siège de la Monusco dans la capitale, par l’Union pour la nation congolaise (UNC) de Vital Kamerhe et l’Union pour la démocratie et le progrès social d’Étienne Tshisekedi. Malgré l’interdiction des autorités de la ville…

"Nous ne voulons pas de Burkina Faso immédiatement ici. Il y a moyen d’éviter la casse. Nous voulons le dialogue pour (…) baliser le chemin pour de bonnes élections, adopter un calendrier global et consensuel et une feuille de route globale et consensuelle", a expliqué Vital Kamerhe, dénonçant l’arrestation de "48 hommes et 10 femmes au camp [de police] Lufungula".

Une journaliste de l’AFP a pour sa part vu dans le camp une vingtaine de personnes arrêtées, dont environ le tiers était des femmes, et tous ont dû donner leur nom et leur parti d’appartenance.

>> Voir aussi : opposition congolaise, qui est avec qui ?

"Nous allons manifester chaque lundi"

"Vous n’avez pas pris l’exemple de vos collègues au Burkina qui ont été du côté du peuple ?", a lancé l’un d’eux à une vingtaine de policiers, faisant référence à la révolution populaire ayant provoqué vendredi la démission du président burkinabè, Blaise Compaoré. "Vous allez vous fatiguer de nous car désormais chaque lundi nous allons manifester !" a ajouté un autre.

Dans la matinée, un important dispositif policier avait été déployé dans la zone pour dissuader les rassemblements. Mais le colonel Pierrot Mwanamputu, directeur de l’information de la police congolaise, a nié toute arrestation. "J’ai eu le commandant sur le terrain : on a renforcé le dispositif pour [les manifestants] empêcher d’aller envahir le siège de la Monusco, mais ils ne sont pas arrêtés", a-t-il soutenu.

L’officier a également rappelé que "les organisateurs de la marche n’avaient pas reçu l’autorisation officielle de manifester, et qu’à ce titre le rassemblement devait être dispersé".

(Avec AFP)