Droits de l’homme

Burundi : quand le ministre de l’Intérieur tente de convaincre les réfugiés de revenir au pays

Procession funèbre à Bujumbura pour l'enterrement d'Emmanuel Ndere Yimana, un opposant burundais assassiné le 21 juillet 2015. © Jerome Delay/AP/SIPA

Le ministre burundais de l’Intérieur, Pascal Barandagiye, a entamé une visite officielle en Ouganda pour rencontrer les réfugiés de son pays et les convaincre de rentrer. Une mission qui s’avère pour le moins difficile.

Des plus moqueuses aux plus virulentes, les réactions des réfugiés sont sans appel concernant la visite du ministre de l’Intérieur et de la Formation patriotique, Pascal Barandagiye, dans le camp de Nakivale, au sud-ouest de l’Ouganda, à la mi-journée, mercredi 15 février.

« Les autorités burundaises n’ont même pas honte de venir ici pour nous demander de rentrer. Nous avons fui parce que nous sommes contre le 3e mandat de Pierre Nkurunziza. Il est toujours là. Il n’est donc pas question qu’on aille se jeter dans la gueule du loup, dans ce pays des Imbonerakure [jeunes militants du parti au pouvoir accusés par plusieurs rapports d’exactions, NDLR] et d’autres tueurs », a chargé un jeune Burundais, à cran, quelques heures après une brève rencontre entre le ministre, sa délégation, et les réfugiés burundais, qui a fini en queue de poisson, s’étant soldée par une manifestation pour « décrier un ministre venu narguer ses compatriotes en détresse ».

« Le Burundi est en paix »

C’est peu dire si Pascal Barandagiye a eu du mal à plaider le credo de Bujumbura. « Le Burundi est en paix. Il faut rentrer », avait-il déclaré la veille de sa visite à Nakivale, lors d’une conférence de presse à Kampala, aux côtés des autorités du pays d’accueil qui, de leur côté, semblent hésiter sur la marche à suivre. Le ministre ougandais de l’Aide humanitaire, Hilary Onek, a ainsi menacé ceux « qui ne voudront pas rentrer de faire face à l’immigration bientôt », après que le gouvernement ougandais a clairement signifié que le rapatriement des réfugiés burundais ne se ferait que sur base du volontariat.

Une position qu’il vient de réaffirmer dans un communiqué du bureau du premier ministre, rendu public ce vendredi 17 février, après avoir contextualisé les déclarations du ministre Hilary Onek.

D’après nos informations, la tournée du ministre de l’Intérieur continue. Il sera prochainement en Tanzanie, avec le même objectif : convaincre les Burundais qu’ils ont fui de simples rumeurs.

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