Politique

Twitter : parmi les chefs d’État africains, qui a le plus de « faux abonnés » ?

Chez les politiques, plus de 50% des followers sont souvent fictifs ou inactifs. © Capture d'écran

S'ils sont aujourd'hui presque tous présents sur Twitter, nos présidents y sont-ils pour autant influents ? Pas forcément, tant le pourcentage de followers fictifs ou inactifs peut être élevé. Jeune Afrique fait le point, chef d'État par chef d'État.

Rares sont désormais les chefs d’État africains à ne pas être présents sur Twitter. Certains, comme le Rwandais Paul Kagamé, sont même friands des tweets en 140 signes et totalisent plusieurs centaines de milliers de followers. Mais cela leur donne-t-il réellement de l’influence ? Pas si l’on considère qu’une bonne partie de leurs abonnés ont quitté le réseau social depuis un moment ou qu’ils n’existent tout simplement pas.

>> Lire aussi : "Le classement des chefs d’État africains les plus populaires sur Wikipédia"

Ainsi, le compte de la présidence du Burkina Faso, qui tweete désormais au sujet des tractations à Ouagadougou et non plus sur Blaise Compaoré, totalise, selon les estimations croisées des sites socialbakers.com et twitteraudit.com, 74% de "fake" followers, soit près des trois quarts de ses 18 200 abonnés.

Il devance le Sénégalais Macky Sall (73%), le Tunisien Moncef Marzouki (71,5%) et Ibrahim Boubacar Keïta, via le compte de la présidence du Mali, (69%). Parmi les plus suivis, Paul Kagamé affiche un score de 56,5% pour 670 238 followers, tandis que le Sud-Africain Jacob Zuma en est à 46% pour 341 746 abonnés.

Des comptes abandonnés ou achetés

Selon nos calculs, sur les 11 chefs d’État africains dépassant les 10 000 followers, sept ont en réalité moins de 50% d’utilisateurs réels abonnés. Il y a deux explications. La première est que nombre de leurs abonnés ne tweetent plus ou ont quitté le réseau social sans fermer leur compte. En effet, plus le compte de la personnalité est ancien et plus il compte de followers, plus il est mis en avant par Twitter dans les propositions d’abonnements faites aux nouveaux venus du réseau social. Or, la durée de vie d’un "twittos" peut ne pas dépasser quelques semaines ou quelques jours.

Les personnalités politiques et les grands médias étant souvent parmi les premiers abonnements d’un nouveau venu, leurs comptes ont mécaniquement plus de chances de subir ce problème d’effet de mode.

"Ce n’est pas une fausse popularité mais une popularité anticipée."

Seconde piste : la pratique en vogue de l’achat de followers. Pour exemple, sur le site acheter-des-fans.com, le lot de 10 000 abonnés se vend actuellement un peu plus de 200 euros.  Personnes réelles, mais peu ou pas du tout impliquées, ou comptes robots, le gain d’influence y sera de toute façon quasi-nul. Bien que cela reste à relativiser.

"Imaginez passer devant deux restaurants, à la cuisine et aux tarifs identiques : l’un est presque vide et l’autre presque plein", explique Yannick Deslandes, patron de acheter-des-fans.com, interrogé par le site spécialisé tuxboard.com. "Dans lequel allez-vous décider de manger ? Certainement dans celui qui est rempli. Vous n’allez pas vous demander si les clients assis sont des vrais ou des amis du restaurateur."

@Pontifex : 90% de vrais followers !

Faut-il pour autant considérer la présence des chefs d’État africains sur Twitter comme une perte de temps ? Personne n’irait en effet se risquer à dire que le compte de Barack Obama n’a pas d’influence réelle. Pourtant, selon le site twitteraudit.com, 51% de ses 49 millions de followers sont fictifs ou inactifs. "Ce n’est pas une fausse popularité mais une popularité anticipée", explique encore Yannick Deslandes.

Certains, toutefois, s’en sortent sans coup de pouce déloyal. Le pape François semble ainsi être nettement mieux loti : selon twitteraudit.com, quelque 90% de ses abonnés seraient bien réels. Soit mieux que l’auteur de ses lignes (79%).

 

Méthodologie : afin de parvenir à ses pourcentages, nous avons établi une moyenne entre les résultats obtenus sur les plateformes socialbakers.com et twitteraudit.com. Leurs analyses diffèrent en effet sur la taille des échantillons analysés. Néanmoins, les plateformes se rejoignent sur la différenciation entre un compte fictif ou inactif et un abonné dit "réel".

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Par Mathieu OLIVIER

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