Justice

RDC : pour l’accusation, Bemba est « responsable » de la « barbarie » de ses miliciens

| Par Jeune Afrique
Des représentants du procureur, à la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye, le 12 novembre 2014.

Des représentants du procureur, à la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye, le 12 novembre 2014. © AFP

Les avocats de Jean-Pierre Bemba tenteront de répondre jeudi aux accusations lancées la veille par le bureau du procureur de la CPI contre l’ancien vice-président congolais, jugé pour trois crimes de guerre et deux crimes contre l’humanité.

Le procès de Jean-Pierre Bemba devant la Cour pénale internationale (CPI) touche à sa fin. Mercredi 12 novembre, le bureau du procureur de la CPI a estimé que l’ancien vice-président congolais, accusé de trois crimes de guerre et de deux crimes contre l’humanité, devait être reconnu coupable de la « barbarie » de ses miliciens responsables d’exactions, viols, meurtres et pillages en République centrafricaine.

Les quelque 1 500 hommes en armes de l’ancien chef rebelle ont violé « tout ce qui se trouvait sur leur chemin », tué et pillé la population entre octobre 2002 et mars 2003, assure l’accusation. Celle-ci a évoqué le témoignage d’une victime, violée par trois hommes aux petites heures du matin, notamment avec un cintre et des crosses de fusil.

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« Nous venons devant vous aujourd’hui pour demander que justice soit rendue, que l’accusé Jean-Pierre Bemba soit reconnu responsable et coupable des souffrances des victimes », a déclaré aux juges le représentant du bureau du procureur, Jean-Jacques Badibanga, lors de son réquisitoire.

« La preuve est au dossier que la population civile de Centrafrique a subi de la pire manière la barbarie des soldats de Jean-Pierre Bemba », a affirmé Badibanga.

« La preuve a été apportée que les soldats qui ont commis ces atrocités étaient sous l’autorité et le contrôle effectif de Jean-Pierre Bemba », a-t-il ajouté. En concluant en trois heures ce résumé de quatre ans de procès, Jean-Jacques Badibanga a assuré aux juges qu’il s’agissait d’un « cas d’école ».

« Vous ne trouverez pas un cas où un supérieur avait plus d’autorité que Jean-Pierre Bemba », a-t-il ajouté : « Il contrôlait tout, intervenait à propos de tout, décidait de tout », a-t-il ajouté.

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Présent dans la salle d’audience, Jean-Pierre Bemba, qui plaide non coupable, a écouté le début du réquisitoire du procureur de manière attentive, prenant régulièrement des notes.

Il est poursuivi, non en tant qu’auteur ou co-auteur mais en tant que « chef militaire », en vertu du principe de la « responsabilité du commandant », ce que conteste catégoriquement la défense, affirmant que ses hommes étaient à l’époque sous le contrôle des autorités centrafricaines.

C’est cette thèse que les avocats de l’ancien chef de guerre tenteront de défendre jeudi.

(Avec AFP)

 

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