Culture

RD Congo : le festival Amani veut s’exporter dans d’autres localités du Kivu

Le show de Sauti Sol au festival Amani, le 12 février 2017 à Goma, dans l'est de la RDC. © Trésor Kibangula/J.A.

Du 10 au 12 février, près de 33 000 festivaliers sont venus faire la fête à Goma, dans l'est de la RDC. Pour les prochaines éditions, les organisateurs projettent de faire du festival Amani une « sorte de festival itinérant » pour porter le message de la paix ailleurs dans la région du Kivu.

La quatrième édition du festival Amani a vécu. « Ce fut un grand succès ! » clame Anne-Laure der Wielen, la responsable communication de l’événement. « À Goma, je n’ai jamais vu les gens attendre un concert sous la pluie », poursuit-elle.

C’est en effet sous de grosses averses tropicales que le dernier show de la quatrième édition du festival Amani 2017 a démarré sur le terrain du collège Mwanga, site de la manifestation. À l’affiche : Sauti Sol, le groupe kényan qui fait bouger ces dernières années tout l’est du continent. Et le quatuor n’a pas déçu. Son répertoire très dansant, aux rythmes de l’afro-pop, flirtant entre le gospel et la musique mondaine, a su tenir la foule en haleine plus d’une heure.

« C’est sans doute le meilleur spectacle de toutes les éditions », soutient Samy, un festivalier venu « célébrer la paix avec le reste du monde ». À sa gauche et presque en transe après le sample du tube Bandeko ya basi du célèbre Franco de Tout-Puissant OK Jazz par Sauti Sol, Vivine, étudiante à l’Université de Goma (Unigom), revient sur terre. « Si nous venons chanter et danser ici, c’est parce que nous considérons que cela pourrait contribuer à baisser les tensions dans la région à travers les petits messages qui sont distillés aussi bien par les artistes et par les organisateurs du festival », commente la jeune fille de 26 ans.

Quel impact sur la paix ?

Depuis deux décennies, le Nord-Kivu est le théâtre d’affrontements entre milices et groupes armés locaux et étrangers. Si une paix relative est observée dans les grands centres urbains, à l’instar de Goma ou Bukavu, plusieurs contrées de cette province située dans l’est de la RDC échappent au contrôle de l’État congolais. Des populations se retrouvent sous le joug de seigneurs de guerre sans revendications politiques claires ou de bandits armés qui règnent en maîtres dans certains villages.

Le « playing for change, singing for peace » proclamé par le festival Amani ne trouve-t-il pas là ses limites ? « Les organisateurs doivent évaluer l’impact réel de cet événement culturel sur la pacification du Nord-Kivu », suggère un élu local. Au-delà de ces trois jours de concert, qui réunissent chaque année à Goma des artistes locaux, régionaux, internationaux ainsi que des groupes traditionnels, l’initiative du Belge Éric de Lamotte refuse de s’inscrire dans un registre de plaidoyer ou de lobbying pour la paix.

« Notre rôle consiste plutôt à rassembler les différents acteurs – autorités politiques, diplomates, membres de la société civile – autour de cette aspiration du peuple pour la paix », souligne Anne-Laure der Wielen. À l’en croire, depuis quelques années, le festival Amani projette de s’exporter dans d’autres coins de la province du Nord-Kivu. Une « sorte de festival itinérant » pour porter le message de la paix à Rutshuru ou à Walikale par exemple, deux territoires dont plusieurs villages regorgent encore des groupes armés.

L’accent mis sur le développement local

Mais, pour l’instant, nonobstant les défis sécuritaires à relever, ce sont les moyens financiers qui manquent le plus aux organisateurs. En attendant, l’accent est mis sur l’accompagnement d’initiatives de développement local, notamment à travers la promotion de l’entrepreneuriat des jeunes.

Depuis 2016, le festival Amani organise un concours de « business plan » à l’issue duquel dix « bourses de démarrage » de 1 000 dollars sont allouées aux projets « à forte valeur ajoutée pour la ville tant au niveau artistique qu’économique ».

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