Agroalimentaire

Le Maroc met en garde l’Union européenne au sujet de l’accord agricole

Salaheddine Mezouar, ministre marocain des Affaires étrangères et de la Coopération, et Federica Mogherini, haute représentante de l'UE, à Bruxelles le 14 décembre 2015. © Council of the European Union

Sous peine de rompre son partenariat, le royaume appelle l'UE à neutraliser toute instrumentalisation de la question du Sahara dans l'accord agricole signé en 2012 entre le Maroc et l’Union européenne (UE). Un nouvel épisode de tension ?

Le ton du communiqué est assez sévère. «Les actes visant à dresser des obstacles devant l’entrée des produits marocains sur les marchés européens doivent être sanctionnés et traités avec la plus grande fermeté de la part de notre partenaire européen. De telles nuisances mettent en péril un édifice de coopération construit sur de nombreuses années ne laissant de choix au Maroc que de s’en détourner au profit d’une accélération de partenariats initiés dans des pays et régions diverses notamment la Russie, la Chine, l’Inde, le Japon, les pays du Golfe ainsi qu’auprès de nos voisins africains », indique un communiqué du ministère de l’Agriculture et de la pêche marocain, publié lundi 6 février.

Les relations entre le Maroc et son partenaire européen ont renoué avec la tension lorsque le commissaire européen chargé du Climat et de l’Énergie, l’Espagnol Miguel Arias Cañete, a déclaré, le 31 janvier, que « l’UE tiendra compte du statut distant du territoire du Sahara occidental selon le droit international », conformément à l’arrêt de la Cour de justice de l’union européenne (CJUE) concernant l’accord agricole entre le Maroc et l’UE rendu le 21 décembre 2016.

Un arrêt juridique à la source de nombreux problèmes

Dans cet arrêt, la CJUE a débouté le Polisario de sa demande d’annulation de l’accord agricole entre le Maroc et l’UE. Mais elle a reproché au Conseil européen de n’avoir pas respecté le principe selon lequel le Sahara est une zone distincte du territoire marocain et que tout accord avec le Maroc doit mentionner cette distinction.

Rabat estime, de son côté, que l’UE n’a pas vocation à s’ingérer dans un conflit examiné par l’ONU, qui œuvre à un règlement politique. Les Marocains y voient des manœuvres du Polisario, et de son allié algérien, qui cherchent, selon eux, à faire barrage à la montée du Maroc sur la scène africaine suite à son retour au sein de l’UA

Menaces de rupture

Dans son communiqué, le ministère de l’Agriculture marocain appelle les politiques européens à faire part de fermeté pour « neutraliser » toute tentative visant à casser un accord agricole qui assure des milliers d’emplois des deux côtés de la Méditerranée. Toute entrave à l’application de cet accord est une atteinte directe à ces emplois ainsi « qu’un véritable risque de reprise des flux migratoires que le Maroc, au gré d’un effort soutenu, a réussi à gérer et à contenir”.

Et aux officiels marocains de brandir un avertissement : “l’absence d’un engagement franc de la part de l’UE imposera au Maroc un choix décisif où il sera question de préserver un partenariat économique patiemment entretenu ou de s’en défaire sans retour pour se focaliser sur la construction de nouvelles relations et circuits commerciaux”.

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